Transformées en princesses, ces petites réfugiées partagent leurs rêves

Dans un quotidien de guerre, d'extrême précarité et de peur, les petites filles sont souvent les premières victimes des conflits. Pour leur redonner un peu d'espoir et sensibiliser à l'importance de l'éducation dans les camps de réfugiés, Saint Hoax, artiste syrien, déguise de petites réfugiées syriennes en princesses Disney.
A lire aussi

C'est au camp d'Akkar, au Liban, que Saint Hoax est parti à leur rencontre. Afin de lutter contre les stéréotypes et parce qu'il est important de préserver l'innocence des enfants, l'artiste décide de lancer le projet Once Upon a War (comprendre "Il était une fois une guerre"), en partenariat avec la maison de production Plastik Studios et l'ONG Malaak.

Le temps de quelques instants, à l'occasion d'une fête déguisée, ces petites filles ont eu l'occasion de revêtir les costumes de leurs princesses Disney préférées et parler de leurs aspirations. Une démarche importante car comme l'explique l'artiste, ''la plupart n'ont jamais eu l'occasion de jouer car leur réalité prend trop de place."

Partagés sur son compte Instagram, les témoignages de chacune de ces princesses d'un jour accompagnent les clichés. Mais il également possible de les suivre durant une semaine via le compte officiel Snapchat de SaintHoax.

Manar et Wouroud ont 20 ans. Si l'une aspire à une carrière dans la médecine, la seconde rêve de devenir sociologue.

Malgré son jeune âge, Maram a su rester optimiste quant à son avenir. Son rêve ? Devenir infirmière. Depuis son arrivée sur le camp, elle est la "maman" de tous les jeunes enfants réfugiés. Dont Hiba, jeune libanaise, âgée seulement de 2 ans et qui n'a jamais connu une autre vie que celle des camps.

Bayan, Raghad et Mona sont trois amies âgée de 12 et 11 ans. Pour Bayan, cette robe de princesse est l'occasion de se remémorer sa vie d'avant. Tandis que Raghad et Mona ont choisi La Reine des Neiges et Jasmine pour leur courage et leur intelligence. Toutes aimeraient devenir enseignantes.

Mais le destin de certaines a malheureusement basculé bien plus tôt. La petite Aya par exemple, elle, n'a que 6 ans. Si elle est encore toute jeune, elle sait déjà qu'elle aimerait se diriger vers le métier d'actrice.

L'éducation, une arme contre l'obscurantisme

Bien plus qu'un simple tableau édulcoré des camps de réfugiés, cette série de photographies met en lumière la réalité de l'existence des enfants syriens déracinés et meurtris. Car, en période de guerre, les déplacements de population sont courants voire inévitables s'ils veulent survivre. Une situation ne permettant pas à ces jeunes filles de recevoir une éducation équilibrée, ce qui les expose davantage aux violences sexuelles et aux mariages forcés.

Si les princesses Disney ont été choisies pour mener à bien ce projet, ce n'est pas par hasard. A l'instar de Cendrillon, Blanche Neige ou la Belle au Bois Dormant, toutes ont su triompher du mal. "Ces filles sont des héroïnes de la vie réelle et je suis honorée d'avoir eu la chance de rêver avec elles", confie Saint Hoax.

Des discours inspirants qui montrent la détermination et l'ambition de ces jeunes filles à un âge où le rêve devrait avoir sa place.

La vidéo de la campagne " Once Upon A War"