Une joueuse de tennis de 25 ans seulement étrille le milieu “patriarcal et raciste” du tennis, dont elle a décidé de se retirer prestement. Un acte de courage et de militantisme.
Destanee Aiva a décidé de prendre sa retraite. A seulement 25 ans. Et ce n’est pas du tout une “fille de”. La joueuse de tennis australienne se retire du monde du tennis pour plusieurs motifs. Et tous suscitent son indignation. On vous récapitule ce “coup de gueule” très rare dans la sphère sportive.
Destanee Aiva dénonce un monde misogyne et raciste. Ce n'est pas tout. La joueuse de tennis fustige dans un cinglant billet d’humeur relayé sur les réseaux sociaux les raisons de la colère. En l’état : elle trouve le monde du tennis trop “raciste, misogyne et hostile”.
Tout un programme au demeurant. La jeune femme développe en ces termes, qui pourraient être issus d’un roman de Virginie Despentes ou d'une pancarte aperçue en pleine manif : “Derrière de prétendues valeurs de gentleman c’est un milieu de haine et de mort”. Un sport d’aristocrates, synonyme de misogynie ? La surprise est immense et on l'imagine partagée chez vous.
Et la sportive professionnelle de développer sur le même ton, véhément comme un manifeste, au gré de son post qui a beaucoup fait parler : “derrière les tenues blanches et les traditions se cachent une culture raciste, misogyne, homophobe et hostile à quiconque ne rentre pas dans le moule. Est-ce que je recommencerais ? Je ne sais pas vraiment, mais ce sport m’a appris une chose : il y a toujours une chance de repartir à zéro”. Et de préciser encore : “Cela m’a aussi pris des choses. Ma relation avec mon corps. Ma santé. Ma famille. Mon estime de moi”.
Au moins, la chose est claire : il est question de burn out.
On peut dire que l’athlète ne mâche pas ses mots, et que son revers est particulièrement affûté. Badass comme la Zendaya de Challengers, coach de tennis atypique et particulièrement impitoyable, à l'instar de cette joueuse professionnelle pleine de convictions, et plutôt courageuse, dans une sphère qu’on imagine gangrénée par l’omerta et le boys club. Pour rappel, le boys club désigne non seulement la solidarité masculine, mais l'entre-soi masculin, destiné à brimer l'expression féminine.
Ce n’est pas la première fois que le tennis fait office de cour à règlements de comptes et de mises en lumière audacieuses, et introspectives. Il y a peu, Naomi Osaka fustigeait le mépris de la santé mentale que reflète cette sphère sportive. D'autres championnes à l’unisson fustigent une ignorance et une silenciation de leurs maux et de leur vulnérabilité.
Vous pensez que cela n’a aucun rapport ? Bien au contraire. Faire taire la vulnérabilité, qu’elle soit physique ou psychologique, est un signe de plus d’une philosophie très “patriarcale”. Ce que dénonce justement et avec éloquence l’australienne Destanee Aiva. CQFD. Et maintenant, que compte faire la sportive ? Changer d’orientation, en attendant que les lignes bougent.