Une photo de règles crée la polémique sur Instagram

LA photo qui a fait polémique sur Instagram.
LA photo qui a fait polémique sur Instagram.
Instragram a supprimé la photo postée par une artiste montrant un pantalon taché de sang menstruel. Le réseau social s'est excusé après le tollé suscité par cette censure qui en dit long sur le caractère tabou des règles.
A lire aussi
Instagram censure la photo de deux mamans avec leur fils : le couple réplique
News essentielles
Instagram censure la photo de deux mamans avec leur fils...

Qui a peur des règles ? Instagram visiblement, pusique le réseau social a censuré à deux reprises une photo qui révélait des taches de sang menstruel postée sur sa plateforme. Ce cliché, posté le 25 mars pour la première fois par l'artiste et poète Rupi Kaur, dévoilait en effet une femme allongée sur un lit et photographiée de dos. Le caractère subversif de cette photo, du moins aux yeux des membres qui l'ont signalée, tenait aux deux petites taches de sang visibles sur le pantalon de la jeune femme et sur les draps.

La polémique suscitée par cette censure injustifiée a contraint Instagram à présenter ses excuses à Rupi Kaur, arguant que la photo avait été supprimée par mégarde par un de ses employés après avoir été signalée pour son caractère prétendument choquant par des utilisateurs.

>> Instagram supprime le compte d'une blogueuse à cause d'une photo de sa fille le ventre à l'air <<

Un geste aussi esthétique que politique

Pour la jeune femme, dont la photo s'inscrit justement dans un travail sur les règles et leur représentation, cette censure témoigne de l'hypocrisie du monde dans lequel nous vivons, qui ferme les yeux sur la nudité mais ne supporte pas la vision du sang menstruel.

"Merci Instagram pour cette réaction qui illustre exactement ce que mon travail avait pour but de dénoncer. Vous avez détruit ma photo à deux reprises sous prétexte qu'elle contreviendrait aux règles d'utilisation. Je ne présenterai pas mes excuses pour avoir refusé d'alimenter l'orgueil et la misogynie d'une société qui veut bien voir mon corps en sous-vêtements mais n'accepte pas une simple fuite. Alors que les pages du réseau sont remplies de photos ou de comptes où les femmes, dont beaucoup de mineures, sont réduites à des objets et des images pornographiques et traitées comme moins que des êtres humains.", a-t-elle écrit sur Facebook et Instagram une fois la polémique éteinte.

La photographie de Rupi Kaur évoque la démarche de cette jeune Allemande qui a entrepris de laisser des serviettes hygiéniques dans les rues de sa ville afin de dénoncer le tabou qui règne au sujet des règles des femmes. En montrant des protections périodiques et en prenant en photo une fuite de sang, chacune de ces deux jeunes femmes accomplit un geste aussi esthétique que politique.