Une petite Indienne de 3 ans entre la vie et la mort après avoir été violée

Un graffiti pour lutter contre les viols sur les enfants en Inde
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Un nouveau viol d'une enfant secoue l'Inde, celui d'une fillette de trois ans qui est aujourd'hui dans un état critique à l'hôpital.
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Les histoires de viols ne cessent de secouer l'Inde. En juillet dernier, la police arrêtait 17 personnes en lien avec le viol pendant plusieurs semaines d'une fillette de 11 ans. En juin, deux hommes étaient arrêtés pour le viol d'une enfant de 7 ans.

Ce dimanche 15 décembre, c'est une fillette de trois ans qui a été retrouvée gravement blessée après avoir été victime de viol, plongeant le pays dans l'effroi.

La police de Delhi a tweeté pour expliquer qu'une personne avait été arrêtée, un homme de 40 ans habitant dans la même zone que la victime. Il aurait été roué de coups par les habitant·es avant son arrestation. Une enquête serait en cours.

Swati Maliwal est une activiste qui avait fait une grève de la faim de dix jours en avril dernier pour demander la peine de mort pour les auteur·trices de viol sur des mineur·es de moins de 12 ans.

Présidente d'une organisation gouvernementale pour la sécurité des femmes à Delhi, elle a annoncé vouloir se rendre au chevet de la fillette :

"Aujourd'hui, une fillette de 3 ans a été brutalement violée à Bindapur, Delhi. Elle saigne abondamment et son état est critique. Je suis en route pour la rencontrer. Comment cette ville peut-elle laisser tomber Nirbhaya, et que même à l'occasion de son sixième anniversaire de sa mort, des enfants soient violées !"

En effet, le viol tragique de cette petite fille intervient six ans exactement après le viol collectif dans un bus de Nirbhaya qui avait secoué l'Inde et le monde entier.

La militante en appelle ensuite au Premier ministre indien Narendra Modi : "Pour la énième fois, nous demandons de l'aide !"

Suite à sa visite à l'hôpital, elle a pu donner des nouvelles de la jeune victime : "La fille a été envoyée en salle d'opération. L'enfant a été violée brutalement par un homme de 40 ans ! Les voisins l'ont attrapé et l'ont sévèrement battu. Il est en garde à vue maintenant."

Elle explique la situation précaire des parents : "Le père et la mère sont des fermiers payés à la journée. S'il vous plaît, priez pour le petit enfant ! [...] Ça fait plus de 2 heures. La fille est toujours en salle d'opération. Sa mère est inconsolable."

Face à l'impensable, Sawati Maliwal appelle à un sursaut des autorités. "Rien n'a changé. Tant que la rapidité et la certitude d'une punition forte ne seront pas assurées, rien ne changera !"

Comme l'expliquait Bénédicte Manier, une spécialiste de l'Inde à Libération : "Dans le monde rural, le viol traduit souvent une culture de classe : il révèle la force exercée par les dominants sur les dominés, par les riches sur les pauvres".

Kamala Marius, maîtresse de conférence à l'Université de Bordeaux-Montaigne, explique également : "Il est beaucoup plus dur en milieu rural de dénoncer un viol. La culture du tabou est très forte, d'autant qu'elle recoupe des inégalités de castes. Les auteurs de viols sont souvent des hommes appartenant aux castes de propriétaires, qui exercent ce qui s'apparente à un droit de cuissage."

Selon des statistiques du gouvernement, 19 000 viols de mineurs ont été signalés en Inde en 2016, sur un total de 40 000 viols en 2016. Mais les experts estiment ce chiffre largement en-dessous de la réalité. En France par exemple, on compte 52 400 femmes victimes d'au moins un viol selon l'enquête Virage publiée en 2016.

Depuis le début de l'année, au moins quatre États (le Rajasthan, le Jammu-et-Cachemire, le Haryana et l'Arunachal Pradesh) ont introduit la peine de mort pour le viol de mineurs de moins de douze ans.