Lutter contre les violences conjugales grâce à une baguette de pain ?

Et si les baguettes de pain permettaient de prévenir les violences ?
Et si les baguettes de pain permettaient de prévenir les violences ?
Et si une simple baguette de pain permettait de lutter contre les violences conjugales ? C'est là l'idée de la municipalité de Noisy-le-Sec, reprise par le collectif féministe Nous toutes. Un moyen des plus insolites pour éveiller les consciences.
A lire aussi

"Et si on faisait pareil partout en France ?". C'est la grande question que s'est posée le collectif féministe Nous Toutes sur ses réseaux en relayant une judicieuse initiative : à Noisy-le-Sec, dans le département de la Seine-St-Denis, la municipalité s'est servie de ses boulangeries pour lutter contre les violences conjugales. Comment ? Simple, en imprimant des messages de prévention des violences sur des emballages des baguettes de pain.

Il suffisait d'y penser. L'idée est limpide : assurer une forme d'alerte au quotidien. Si les victimes de violences peuvent déjà "se signaler" auprès de leur pharmacien·n·e de quartier, en utilisant un "code" si elles le souhaitent, l'initiative de la baguette de pain multiplie à l'unisson les moyens de sensibilisation triviaux. D'autant plus qu'à Noisy-le-Sec, ce n'est pas un simple message que l'on fait imprimer sur les emballages des baguettes depuis le 25 novembre dernier, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.

Non, puisque comme le rapporte le journal Libération, c'est le fameux "Violentomètre" qui s'y retrouve, ainsi relayé aux quatre coins de la ville. Ce baromètre permet d'évaluer le degré de toxicité et de gravité des attitudes au sein du couple. Il est mis en avant en France depuis deux ans déjà, notamment par la mairie de Paris et l'observatoire de Seine-Saint-Denis. Salutaire.

La prévention à renforts de baguettes

Avant d'avoir été adapté en France par la Ville de Paris, le département de la Seine Saint Denis et l'association "En Avant Toutes", le violentomètre était un outil de prévention créé par les militantes féministes d'Amérique Latine. Ce thermomètre détaillé mesure le degré de violences et d'abus au sein du couple à partir de cas concrets - situations, dialogues, réflexions. Sa force est donc de prévenir, mais aussi d'informer, les adultes, mais aussi les jeunes. C'est pour cela que lycées et universités ont déjà pu l'accueillir au sein de leurs structures par le passé.

D'où l'intérêt indéniable de le diffuser désormais en boulangeries, dans la mesure où chaque jour, les boulangeries accueillent pas moins de 12 millions de consommateurs, pour 6 milliards de baguettes par an, nous apprend Libération. La situation est donc idéale. "Le Violentomètre est un outil d'autoévaluation limpide et graduel. La forme et les mots qu'il affiche sont simples, les situations qu'il évoque concrètes. En faire un objet que l'on peut tenir en mains, c'est inviter à la discussion. Il ne faut plus banaliser l'idée de jalousie, d'emprise, de possessivité, comme si ces abus constituaient 'une relation normale'", nous expliquait en 2019 son instigatrice Hélène Bidard.

CQFD. Et c'est aujourd'hui pour propager d'autant plus ce Violentomètre - et éveiller quelques consciences au passage - que le collectif féministe Nous Toutes demande 10 000 € afin d'imprimer 200 000 emballages. Une cagnotte Leetchi a ainsi été lancée pour ce faire. Plus de cinq mille euros ont déjà été récoltées en deux jours à peine. Nous Toutes propose également aux volontaires de recevoir (gratuitement) et distribuer des sacs à pain-violentomètre dans leur ville. Toutes les précieuses informations sont à retrouver ici.