Pourquoi les femmes sont-elles obsédées par le true crime ? On s'est plongé dans cette enquête sur la "curiosité morbide"
Pourquoi les femmes sont-elles obsédées par le true crime ? On s'est plongé dans cette enquête
La spécialité de Liv, c’est donc le “true crime” façon Faites entrer l’accusé, les affaires criminelles volontiers feuilletonnées, narrées, avec une éloquence et un certain sens… Et bien, de la dramaturgie. Comme des légendes urbaines contées au coin du feu, façon Fais Moi Peur. Sauf que là, l’horreur est bien réelle et les détails, abondants.
“Est-ce qu’on peut faire du true crime… Éthique ?”. Ca, c’est la grande question que se pose la vidéaste Liv, créatrice de contenus bien connue des amateurs d’histoires sordides, dans un documentaire captivant à découvrir sur francetv : Curiosité morbide. Elle ne doit pas être la seule à s’interroger. Sur TikTok, nombreuses sont les créatrices de contenus à “incarner” les enquêtes les plus macabres, à chaque fois qu’une série Netflix exploite le moindre fait divers.
D’où vient cette… Curiosité morbide pour le true crime, alors ? L’enquête éponyme de francetvslash y répond, et c’est passionnant. En vérité, en se penchant sur ces événements, leur chronologie précise et documentée, et la psychologie des assassins, bien des femmes peuvent en déduire - en tout cas, elles le pensent - ce qu’il faut faire, ou ne pas faire, en cas de “mauvaise rencontre”, les “red flags” de situations dangereuses, d'individus à éviter, comme une sorte de grand manuel, de guide de survie au service d’éventuelles proies. Oui, ça déprime sévère. Rien de très joyeux là-dedans, mais une forme de pragmatisme mâtiné d’un très déroutant “thrill” - un frisson malsain à l’évocation du pire. En cartographiant l’horreur, on la démystifie : et on s’y prépare.
En se penchant sur ces événements, leur chronologie précise et documentée, et la psychologie des assassins, bien des femmes peuvent en déduire - en tout cas, elles le pensent - ce qu’il faut faire, ou ne pas faire, en cas de “mauvaise rencontre”, les “red flags” de situations dangereuses, d'individus à éviter, comme une sorte de grand manuel, de guide de survie au service d’éventuelles proies. Rien de très joyeux là-dedans, mais une forme de pragmatisme mâtiné d’un très déroutant “thrill” - un frisson à l’évocation du pire.
D’ailleurs, HVF, un collègue masculin de Liv très populaire sur YouTube, le suggère en disant : “Plus tu lis des livres sur le sujet, plus tu te dis : ça peut vraiment arriver à tout le monde”. Sauf que voilà, “tout le monde”, pas précisément : si les femmes s’intéressent autant à ces histoires, c’est que cette violence protéiforme est très patriarcale. Le true crime, c’est une vision exacerbée des angoisses et agressions que les femmes peuvent subir au quotidien : elles s’identifient aux victimes et aux survivantes.
Finalement, le contenu true crime engendrerait malgré lui des “stratégies d’évitement”, de celles qu’emploient les femmes de jour comme de nuit pour “esquiver” le harcèlement de rue ou les rencontres les plus menaçantes. Etre au téléphone, maintenir ses clés dans sa main, sont autant de stratégies. Et se pencher sur les cas les plus sordides, pourrait aider à réfléchir aux “bons” réflexes.