Inégalités hommes-femmes : l'Éducation nationale n'est pas épargnée

Inégalités hommes-femmes : l'Éducation nationale n'est pas épargnée
Inégalités hommes-femmes : l'Éducation nationale n'est pas épargnée
Selon une enquête de « L'Express », bien que représentant 66,1% des effectifs enseignants du secteur public, les femmes restent sous-représentées aux fonctions prestigieuses et à responsabilités et sont en moyenne payées 171 euros de moins par mois que leurs homologues masculins. Sexiste, l'Éducation nationale ?
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L'Éducation nationale jouerait-elle le jeu des inégalités entre femmes et hommes ? Pourtant majoritairement féminin, le secteur de l'enseignement public en France s'avérerait, selon L'Express, surtout profitable aux hommes. D'après une enquête réalisée par l'hebdomadaire, si les femmes représentaient l'an dernier 66,1% des 775 425 enseignants du secteur public, leur situation reste, à bien des égards, bien moins avantageuse que celle des hommes.

Les femmes sont cantonnées aux postes en maternelle et en primaire

Les raisons de cette discrimination ? Selon les statistiques du ministère de l'Éducation pour l'année 2012-2013, c'est avant tout parce que les femmes occupent des postes souvent moins réputés, et donc moins bien rémunérés : elles représentent, par exemple, 82,2% des effectifs des professeurs des écoles, et 62% des certifiés du secondaire.

Cette prédominance féminine tend à décroître à mesure que l'échelle des rémunérations, elle, augmente : les femmes sont ainsi moins présentes dans les rangs des agrégés (51,4%), et elles ne sont que 32% à occuper un poste en chaire supérieure.

D'où l'écart de salaire flagrant entre les professeurs hommes et femmes constaté par L'Express : en moyenne, les professeurs de sexe féminin touchent 171 euros de moins par mois que leurs homologues masculins.

Des mécanismes d'avancement qui profitent davantage aux hommes

Faut-il pour autant crier au sexisme ? Pas forcément, explique Anne Féray. Pour la secrétaire nationale du Snes-FSU, le syndicat des enseignants du secondaire, ces inégalités d'avancement et de salaire s'expliquent en grande partie par la prédominance des hommes dans les disciplines qui comptent le plus de professeurs certifiés et agrégés. C'est le cas notamment des sciences et de la philosophie.

Toutefois, note L'Express, des inégalités salariales entre hommes et femmes à postes équivalents existent. Par exemple, un professeur certifié gagne en moyenne 60 euros de plus par mois que ses collègues féminines. Selon l'hebdomadaire, cette différence de traitement ne peut d'ailleurs pas s'expliquer, comme l'avance le ministère, par la relative jeunesse du personnel féminin, puisque l'écart d'âge moyen entre les professeurs certifiés féminins et masculins est de moins de deux ans.

Comment expliquer, alors, ces écarts d'avancement et de salaire ? Pour Mariette Sineau, directrice de recherche CNRS au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po), la cooptation joue un rôle non-négligeable dans l'avancement des hommes : « Les jurys de concours sont souvent majoritairement masculins et tendent à reproduire des stéréotypes. Voilà comment on aboutit à une oligarchie dominante d'hommes. Il faut du temps pour faire bouger les lignes. »

Un point de vue que partage Anne Féray : « Les barèmes sont censés assurer une forme d'égalité mais il y a des éléments qui créent des différences. Les hommes bénéficient d'un avancement plus rapide que les femmes. Des observations partielles sur le terrain tendent à le confirmer, même si nous ne disposons pas d'étude nationale assez précise pour être catégoriques. »

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