Faut-il avoir peur des gynécologues hommes ?

Faut-il avoir peur des gynécologues hommes ?
Faut-il avoir peur des gynécologues hommes ?
À l'heure de la visite annuelle chez le gynéco, vaut-il mieux laisser sa santé intime aux bons soins d'une femme, ou entre les mains d'un homme ? La question mérite d'être posée. Si certaines prêtent aussi peu d'attention au sexe de leur gynécologue qu'à celui de leur dentiste ou de leur dermatologue, d'autres y voient un frein à un échange libéré.
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Faut-il faire le distinguo entre gynécologue homme ou gynécologue femme ? Un article posté sur le site The Daily Beast met les pieds dans le plat, et se demande si les médecins masculins exerçant dans ce domaine sont creepy : flippants, inquiétants, peut-être même obsédés, pour examiner ainsi des vagins à longueur de journée. Si sa profession même l’engage à examiner sa patiente d’un œil médical, cette dernière peut garder en tête que derrière le médecin se cache aussi un homme, qui la regarde nue et l'ausculte.

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Gynécologue, un métier qui se féminise

Rosine, anesthésiste en gynécologie aujourd’hui retraitée, se souvient d’une époque où le choix du sexe du médecin se tournait en faveur des hommes par soucis de confiance. Les femmes étaient alors jugées moins compétentes. Aujourd’hui, les mentalités et les pratiques ayant bien heureusement évoluées, ce schéma a largement tendance à s’inverser : qui mieux qu’une femme pourrait en comprendre une autre ? Le métier s’est féminisé, si bien qu’on compte désormais davantage de femmes gynécologues-obstétriciennes. Un revirement de situation qui plaît aux patientes, qui se sentent plus en confiance avec une femme, mais peut desservir les hommes exerçants.

« J’aurais pu me sentir jugée par une femme »

Audrey, 23 ans, a été suivie par un homme. « Ça ne m’a jamais posé de problème, mais j'ai des amies qui ne peuvent pas du tout, car le stress engendré par la situation pouvait rendre le frottis douloureux », témoigne-t-elle. Sur les forums, la question semble diviser. Des expériences d’hommes qui ne mettent pas à l’aise (notamment par des remarques sur la plastique de la patiente), il y en a. Mais des femmes indélicates, il en existe aussi, comme le note Élodie, 26 ans et actuellement suivie par un homme : « J’ai toujours été suivie par lui », explique-elle, « j’aurais pu me sentir jugée par une femme, là non ». « Mais il est âgé, ça n’aurait pas été pareil avec un homme plus jeune, j’aurais pu sentir une ambiguïté », continue-t-elle. D’où le malaise provoqué par le site Buzzfeed lorsqu’ils présentent Manuel Ricco, « le gynéco le plus sexy du monde ».

Le corps d’une patiente n’a rien d’érotique

Pourtant, la question ne devrait même pas être posée : la porte de son cabinet franchie, le médecin – homme comme femme – est dans l’exercice de son travail. Si on retrouve des cas médiatisés de gynécologues obstétriciens qui photographient leurs patientes, il n’y a pourtant pas d’érotisme dans un corps à examiner. Dans un entretien sur les douleurs faites aux femmes entre Martin Wrinkler, médecin spécialisé en gynécologie et contraception, et le Dr Daniel Annequin publié par le Centre National de Ressources contre la Douleur, Martin Wrinkler expose les méthodes couramment utilisées pour mettre les patientes à leur aise. Pour lui, il est nécessaire de « mettre en confiance, les inviter à s’asseoir (…) de leur préciser ce qu’on devait rechercher, dans quelles conditions et leur expliquer le déroulement des investigations ».

« Quand je travaille, je suis totalement asexué (...) il ne m'est jamais arrivé d'éprouver du désir pour une patiente », tranche le docteur Gérard Salama, auteur de Confidences d'un gynécologue, interrogé par Libération. Alors, creepy un gynécologue masculin ? Rebecca Brightman, professeure en clinique de gynécologie obstétrique à New-York, balaie tous doutes en avançant l’intérêt médical du métier. Ce domaine est très attractif : « C’est une excellente combinaison de médecine interne, un peu de psychiatrie et également de chirurgie », conclut-elle pour The Daily Beast.

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