Blake Lively : et si les stars arrêtaient leur parade post-grossesse ?

Blake Lively : et si les stars arrêtaient leur parade post-grossesse ?
Blake Lively : et si les stars arrêtaient leur parade post-grossesse ?
Dans cette photo : Blake Lively
Et si les stars, au lieu de jouer le jeu de la presse people, prompte à pointer du doigt les kilos de grossesse, donnaient l’exemple en cessant d’exhiber de manière triomphale leurs corps post-accouchement ?
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Dithyrambique. C’est l’accueil médiatique fait à Blake Lively, qui est apparue il y a quelques jours pour la première fois depuis son accouchement, en pleine Fashion Week new-yorkaise. Vêtue d’une robe dont la coupe moulante n’avait sûrement pas été laissée au hasard, la blonde maman était perchée sur de hauts talons blancs, comme un pied de nez (oui !) au lumbago qui menace parfois les jeunes accouchées. 
Ainsi pouvait-on lire sur le site de l’édition américaine de Vogue : « Blake Lively a fait sa première sortie publique depuis la naissance de sa fille il y a environ un mois et le seul mot qui nous vient à l’esprit pour décrire ce moment est : Wow. »

La photo « post-baby », un marronnier ?

La compagne de Ryan Reynolds est la dernière d’une longue liste d'actrices hollywoodiennes dont la première sortie publique peu après leur accouchement a fait la Une des journaux. Le ton de ces papiers est toujours élogieux, voire complaisant. Il suffit pour s’en assurer de regarder les articles consacrés au « post-baby body », comme on dit en anglais, de Scarlett Johansson, Eva Mendes et Mila Kunis, qui ont toutes récemment eu un enfant.

Scarlett Johansson


La sortie officielle des stars qui viennent d’accoucher est donc en passe de devenir un véritable marronnier dans la presse people, prompte à s’extasier devant la ligne retrouvée, ou, inversement, à pointer du doigt hypocritement les kilos de grossesse qui s’attardent un peu trop.

On remarquera ainsi que la robe portée par Rosamund Pike (Gone Girl) lors de la soirée des Golden Globes 2015 début janvier ne lui a pas valu le même concert d’éloges. De manière très hypocrite, l’actrice de Gone Girl a ainsi été qualifiée de « courageuse » en raison de son choix d’une robe blanche découpée qui laissait entrevoir son fameux « post-baby body ».
Comme l’ont noté quelques articles, il fallait bien évidemment voir dans l’utilisation de cet adjectif une désapprobation devant la forme ample de cette tenue (à mille lieux de la robe moulante de Blake Lively) qui laisse suggérer que la jeune femme n’a pas encore - sacrilège ! - perdu tous ses kilos de grossesse, cinq semaines après avoir accouché. Ce qu’elle a d’ailleurs reconnu avec candeur, expliquant qu’elle ne rentrait dans aucune robe.



>> Il faut 19 mois pour perdre ses kilos de grossesse <<


La grossesse, une parenthèse déjà ancienne

Cette manière profondément schizophrène de parler du corps des femmes, et a fortiori de celles qui l’exhibent, c’est-à-dire les stars, est omniprésente dans les médias. Comment analyser autrement ce grand écart entre, d’un côté, la glorification de la femme enceinte, symbolisée par exemple par Demi Moore dont la photo nue en une de Vanity Fair en 1991 a marqué les esprits, et les commentaires peu flatteurs dont a écopé Kim Kardashian, « coupable » d’avoir trop grossi quand elle attendait sa fille ?

Kim K

Victime d’un traitement médiatique peu amène, cette dernière n’a évidemment rien trouvé de mieux que de se conformer à ce diktat du « post-baby body », en suivant un régime sévère et en se cachant pendant plusieurs mois après son accouchement, afin de n’exhiber son corps qu’une fois celui-ci considérablement aminci.

Si on ne s’étonnera guère que l’épouse de Kanye West ne se soit pas érigée en « pourfendeuse » des médias, on peut néanmoins regretter que la grande majorité des actrices se plient, comme Kim Kardashian, à ce diktat qui voudrait qu’une femme perde le plus vite possible ses kilos gagnés pendant la grossesse. Et s’empressent, à l’instar de Blake Lively, de se montrer sous leur meilleur jour après leur accouchement, comme si ces neuf mois n’étaient qu’une parenthèse déjà ancienne et que leur corps n’avait pas été profondément modifié par cette aventure. Car c’est bien là le message qu’elles cherchent à passer à grand renfort de robes moulantes et de talons de 12  : « Mon corps est le même ».

Toutes sous pression

En outre, il y a quelque chose de dérangeant dans la manière qu’ont eu récemment Mila Kunis ou Scarlett Johansson, par exemple, de présenter l’allaitement comme un « secret de régime » sur les plateaux de télévision où on les interroge complaisamment sur leur perte de poids. Certes, l’allaitement peut contribuer à brûler les graisses, mais cet aspect ne devrait pas éclipser son but premier, c’est-à-dire nourrir son enfant. En disant qu’elles ont perdu du poids en allaitant, les stars culpabilisent non seulement les femmes qui ont encore leurs kilos de grossesse, mais également celles qui ont choisi le biberon. La double peine, en somme.



Alors, certes, les célébrités, dont le corps est scruté, disséqué et commenté à longueur d’articles, subissent elles-mêmes une pression incommensurable, mais à force de tomber dans le piège du « post-baby body » et de faire la course pour être la plus mince, elles participent pleinement à cette mécanique vicieuse qui met la pression au commun des mortelles. Oui, celles qui n’ont pas de nounou ou de coach et qui n’ont surtout pas la force d’aller faire du vélo en salle après une nuit interrompue par un bébé qui ne fait pas encore ses nuits. 

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