Les députées européennes viennent travailler avec bébé

Les députées européennes viennent travailler avec bébé
Les députées européennes viennent travailler avec bébé
Plusieurs députées européennes sont venues travailler la semaine dernière avec leur bébé, pour protester contre l'absence de congé maternité et paternité. Une aberration pour ces mères obligées d'être portées absentes ou de venir avec un nouveau-né pour voter dans l'hémicycle.
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Personne n’oserait les empêcher d’entrer dans l’hémicycle avec leur bébé en écharpe. Mais l’image fait toujours sourire. Plusieurs députées européennes se sont rendues au Parlement de Strasbourg avec leur enfant, pour protester contre la difficulté pour les jeunes mères de concilier leur travail et leur vie familiale.

Privées de congé maternité
En effet, les institutions européennes ne sont pas un exemple en matière de bonnes pratiques pour l’égalité hommes-femmes. Les députées européennes n’ont pas droit au congé maternité, ne bénéficient d’aucune indemnité journalière, et sont ainsi portées absentes des votes lorsqu’elles séjournent à la maternité ! Catherine Stihler, élue britannique, est ainsi venue assister à la session plénière de janvier avec son nourrisson de onze semaines, par conscience professionnelle : « J'étais inquiète qu'il se réveille et que je doive le nourrir. Il me semblait important de participer au vote destiné à élire le nouveau président du Parlement européen », raconte-t-elle à l’AFP. « C'est un paradoxe que les lois que nous adoptons ici ne s'appliquent pas aux députées », a-t-elle ajouté.

Un sujet qui traîne
Le 15 février dernier, l’Italienne Licia Ronzulli est également venue avec Vittoria, sa fille 18 mois, qui n’en était pas à sa première visite du Parlement strasbourgeois. Elle milite pour un engagement des institutions européennes pour les jeunes mères depuis deux ans, sans succès : « On pousse les femmes à étudier, à avoir un travail intéressant. Et puis finalement elles doivent choisir entre leur carrière et leur vie privée. Les femmes ne devraient pas avoir à choisir », regrette-t-elle.  
Il y a quelques mois, une délégation de députées a écrit au précédent président de l'institution Jerzy Buzek, en demandant d’organiser la possibilité de remplacement des mères de nouveau-nés, ou du moins de créer un processus de délégation de vote pour celles-ci.  Elles doivent aujourd’hui relancer son successeur, Martin Schulz, sur le sujet.
En attendant, les mercredis « mères et nourrissons » devraient se reproduire jusqu’à ce que les députées soient entendues et satisfaites. Un jeu de provocation qui n’est pas du goût de tous dans l’hémicycle, selon Mme Ronzulli : « Des députées plus âgées ont dit que le Parlement n'était pas une crèche, que cela nuisait à la solennité du lieu. J'ai répondu qu'il était dommage que de telles critiques soient émises par des femmes ! »

(Source : Libération)
Crédit photo : REUTERS/Vincent Kessler/La députée italienne Licia Ronzulli/15 février 2012

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