3 raisons de découvrir "Irma", le drôle de road-movie féministe brésilien

Le film bésilien "Irma"
Le film bésilien "Irma"
Deux soeurs, un père, un astéroïde, des dinosaures... Le film "Irma", qui sort ce 7 juillet en salles, propose une expérience visuelle et sonore unique et un regard singulier sur la jeunesse brésilienne.
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C'est un drôle d'objet filmique qui débarque sur grand écran ce mercredi 7 juillet. Tout droit venu du Brésil, terre de création fertile, Irma suit le voyage initiatique de deux gamines en manque de repères, alors qu'elles retrouvent leur père et que leur mère est gravement malade. Classique ? Que nenni. On vous donne quelques raisons de filer découvrir le premier long-métrage arty de Luciana Mazeto et Vinicius Lopes.

Pour sa poésie

Irma aurait pu n'être qu'un énième drame familial. Il est plus que cela. Prenant appui sur la quête d'identité et d'émancipation des jeunes Julia et Ana, le film de Luciana Mazeto et Vinicius Lopes se plaît à emprunter des chemins de traverse. Entrecoupé de brèves séquences oniriques, nimbées de lumière rose, Irma entremêle les univers et les langages cinématographiques. Sur la route, on croise des fantômes, de la vaisselle, des dinosaures, des fossiles, des cascades. "Nous souhaitions créer des personnages très réalistes, auxquels on croit vraiment, mais aussi jouer avec les spectatrices et spectateurs, ajouter des éléments qui déstabilisent l'audience et provoquent une forme d'incertitude. Comme des échappatoires à la réalité", nous explique ainsi Vinicius Lopes.

Entre les deux soeurs se noue un joli dialogue intime, quasi métaphysique ("Et si le soleil tombait ?", "C'est pour être belle que tu as du rouge à lèvres ?", "Non, c'est pour avaler le monde entier"), interrogeant la pérennité des choses dans un monde pré-apocalyptique menacé par un astéroïde ou notre place dans cet univers qui vibre si fort. Un spectacle visuel et sonore unique et intrigant.

Maria Galant et Anaís Grala Wegner dans le film "Irma"
Maria Galant et Anaís Grala Wegner dans le film "Irma"

Pour son binôme (mixte) de cinéastes

C'est assez rare pour être souligné : Irma est co-réalisé par une femme et un homme. Les Brésiliens Luciana Mazeto et Vinícius Lopes n'en sont pas à leur première collaboration. Ensemble, ils ont accouché de quatre court-métrages, repérés par de nombreux festivals à l'international. Les deux artistes sont également partenaires fondateurs de la société de production Pátio Vazio. Et leur duo fonctionne à merveille.

"Je suis beaucoup plus directive et pragmatique dans mon rôle de réalisatrice alors que Vinicius est beaucoup plus délicat", sourit Luciana Mazeto. "Lorsque nous rencontrions des points de blocage, j'avais tendance à dire : 'On s'en fiche, on le fait quand même'. Nous avons utilisé cette dynamique en notre faveur. Nous n'avons pas la répartition des rôles genrés que les gens s'attendraient à voir. Et cela marche finalement très bien."

Pour son regard sur la jeunesse

Irma, c'est aussi (et surtout) l'histoire de ces "soeurs à la fin du monde" (le sous-titre du film). La disparition du monde, menacé par ce mystérieux astéroïde, mais aussi la fin d'un cycle : celui de l'enfance, de l'innocence. Leur escapade dans la campagne brésilienne est ainsi l'occasion d'entrer dans leur petite bulle. Et de les voir grandir. "Nous nous sommes beaucoup inspirés de cette nouvelle génération de très jeunes féministes brésiliennes qui a émergé ces dernières années. Des lycéennes puissantes, intrépides", expliquent Luciana Mazeto et Vinícius Lopes.

En proposant ce regard novateur et sensible sur la jeunesse brésilienne, Irma a été sélectionné au Festival international du film de Berlin 2020, dans le cadre de "Generation 14plus". Une section qui met à l'honneur des "histoires qui sont racontées à travers les yeux de leurs jeunes protagonistes et qui rendent leurs mondes tangibles."

Bande-annonce du film "Irma"

Irma

Sortie au cinéma le 7 juillet 2021

Un film de Vinicius Lopes et Luciana Mazeto

Avec Maria Galant, Anaís Grala Wegner, Felipe Kannenberg