"Je lui criais non, il entendait oui..." : mon témoignage sur le viol conjugal

Le viol conjugal : le témoignage de Sylvie
Le viol conjugal : le témoignage de Sylvie
Sylvie (le prénom a été modifié) a répondu à un appel à témoins au sujet de la vie de couple sur le Huffington Post, et fait parvenir son témoignage. Avec l'accord de nos confrères, nous le publions également pour faire entendre sa voix, et celle des autres victimes.
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Je souhaitais partager l'expérience que je vis avec mon conjoint. Je l'ai rencontré il y a presque dix ans maintenant, sur un site de rencontres. Nous avons vite zappé le côté virtuel et dès le premier soir avons fait l'amour. Il s'est très vite attaché et a voulu s'engager plus sérieusement.

La phase lune de miel a duré plus d'un an où nous faisions l'amour tous les jours voire plusieurs fois par jour. Au bout d'un temps, la routine, le travail ont fait que j'ai commencé à être moins demandeuse et c'est là que je me suis rendue compte que ce n'était pas une option. Il me sollicitait constamment et si je ne cédais pas, cela virait au harcèlement. Le matin à 6h, les 35 minutes de pause déjeuner entre mes 2 boulots, il fallait toujours que je cède. Au départ, vu qu'il était très jaloux, je me persuadais que de me laisser faire était une manière de le rassurer mais c'est devenu pire encore, cela a commencé à devenir une obsession. Il pouvait rester à me harceler des journées entières si je restais ferme, à m'accuser de ne plus l'aimer, de le tromper jusqu'à ce que je pleure et que je le laisse faire. Sa jalousie a pris complètement le dessus et cela s'est terminé en surveillance de mon téléphone, ordinateur, courrier. Je ne pouvais plus avoir d'amis d'hommes, et ça a fini par devenir violent. Alors, je suis partie quelques temps. Mais je l'aimais, suis revenue et dès lors je devais me tenir prête à son signal: "on y va". Quasiment tous les jours après son petit déjeuner, sa clope je devais tout arrêter et aller m'allonger.

Je n'éprouvais plus que de l'angoisse et laissais faire pour avoir la paix. Je lui exprimais tous les jours ma souffrance de vivre comme cela, de ne plus me sentir maîtresse de mon corps.

Il a fait le choix de se servir de mon corps durant mon sommeil

Le jour où je suis tombée enceinte, il m'a envoyé bouler et m'a "oublié" pendant 9 mois, a priori, je ne l'excitais plus vraiment physiquement. Mais dix jours après mon accouchement il a recommencé et s'est servi de ma bouche pour se satisfaire, le reste n'était pas encore "en état". Mais il était trop excité par mes seins encore gonflés et s'est fini tranquillement en se vidant (première fois depuis le début de notre relation). Puis, il a essayé de me sodomiser et alors que je lui criais non, il entendait oui...

J'ai fini par craquer au bout de plusieurs mois de conversation, pour lui faire comprendre que ça ne pouvait plus durer et ai fini par refuser tout contact. Il a donc fait le choix de se servir de mon corps durant mon sommeil. Attouchements, pénétration avec ses doigts, masturbation contre mes fesses. J'ai tenu huit mois. Huit mois de nuits blanches et d'angoisse avant de quitter notre lit. Je l'ai supplié d'arrêter, lui ai expliqué encore et encore le mal qu'il me faisait, que je l'aimais mais qu'il me faisait peur. Lui me répondait que je le castrais.

J'ai été voir un psy pendant un temps pour retrouver une certaine sérénité et avoir les idées plus claires et cela m'a renforcée.

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