"Je suis sale" : cette photographe montre les règles telles qu'elles sont

"Je suis sale" : cette photographe montre les règles telles qu'elles sont
"Je suis sale" : cette photographe montre les règles telles qu'elles sont
Sur son compte Instagram, la photographe américaine Jade Beall a posté un portrait aussi polémique que libérateur qui ne cache rien du sang menstruel. L'objectif ? Briser le tabou autour des règles et aider les femmes à s'accepter telles qu'elles sont.
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Jade Beall, 38 ans, n'est pas une photographe comme les autres. Sur son site Internet, on ne trouve ni clichés de mariage, ni photos de paysages d'Arizona, où elle réside. Féministe et militante body positive, Jade Beall s'est spécialisée dans les clichés de femmes.

Sans fards ni retouches, elle réussit à capter leur personnalité et met en valeur leur vraie beauté alors même qu'aucune des femmes qu'elle immortalise ne répond aux standards de beauté. Devant son objectif, posent des femmes enceintes, des seniors, de jeunes mamans allaitantes qui ne cachent rien de leurs défauts physiques. Mieux, Jade Beall parvient à sublimer leurs petits bourrelets, leur cellulite et leurs vergetures, symboles de leur féminité et de leur maternité.

Sa série de photos, intitulée "A Beautiful Body Project" a d'ailleurs reçu l'intention de grands médias internationaux et a été saluée par des milliers de femmes dans le monde.

"Votre corps est une chose divine et sacrée"

Aujourd'hui, Jade Beall a un autre projet : celui d'en finir avec le tabou du sang menstruel. Partout dans le monde, dans toutes les cultures, les femmes qui ont leurs règles sont considérées comme "sales", "impures". Une situation inacceptable pour la photographe, qui a décidé de donner de sa personne en publiant à deux reprises une photo d'elle sur son compte Instagram. Vêtue d'un legging blanc, elle pose jambes écartées, une tache de sang bien visible au niveau de son entre-jambe.

"On m'a dit que j'étais sale. Cet autoportrait représente la façon dont le monde me rappelle tous les jours à quel point je suis dégoûtante. Le sang menstruel est dégoûtant (mais les films sanglants et violents, c'est normal). La cellulite est dégoûtante (mais la plupart des femmes en ont, certaines le cachent d'ailleurs très bien, mais se damneraient pour la faire disparaître). Les bourrelets sont dégoûtants, mais les os saillants sur une personne trop maigre sont dégoûtants aussi (par contre, aimer son corps c'est narcissique). Les petits seins sont repoussants (mais la chirurgie peut arranger ça). Et les boutons aussi sont dégoûtants (mais les antibiotiques cancérigènes fonctionnent, qui suis-je pour offenser d'autres êtres humains avec mes boutons?). Les rides et les cernes sous mes yeux sont laids (pourtant, certaines femmes organisent des "soirées injections" entre copines, pour effacer la preuve et le privilège d'avoir eu une longue vie)", écrit Jade Beall en guise de commentaire.

"Il n'est pas étonnant que beaucoup d'entre nous luttent contre la dépression. Et se sentent indignes de se considérer comme divins ou sacrés. Surtout lorsqu'on nous a forcé à croire à quel point nous étions dégoûtantes en étant simplement nous-mêmes : des femmes, des coeurs qui battent, des émotions, et des années de vie à pleurer, aimer, lutter, réussir, accoucher, souffrir, vieillir. Si je vous vois dans un supermarché et que vous avez taché votre robe blanche avec du sang menstruel, je viendrai vous dire à quel point vous êtes belle. Si je vois votre cellulite, je vous féliciterai pour la vitalité de votre peau et vous demanderez si vous voulez voir la mienne. Et si je vois vos bourrelets ou vos os, je vous expliquerai à quel point votre corps est une chose divine et sacrée", poursuit-elle.

Le cliché partagé par Jade Beall a eu un immense impact pour de nombreuses femmes, qui se sont reconnues dans le message positif et inspirant de la photographe. En l'espace de quelques jours, près de 10 000 commentaires ont été postés, généralement pour la féliciter pour son courage et la remercier pour ses encouragements.