Le Cours Florent au coeur d'accusations de harcèlement et violences sexuelles

Cours Florent : l'une des plus prestigieuses écoles de théâtre de France accusée d'inaction face à plusieurs accusations de violences et de harcèlement.
Cours Florent : l'une des plus prestigieuses écoles de théâtre de France accusée d'inaction face à plusieurs accusations de violences et de harcèlement.
Ecole d'acting prestigieuse, l'institution privée du Cours Florent est aujourd'hui bousculée par l'émergence de nombreuses accusations de harcèlement et d'agressions sexuelles. Mobilisations d'élèves et tribunes dénoncent une certaine culture du silence.
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Le Cours Florent est une célèbre école de théâtre, mais aussi de cinéma, comédie musicale et de musique. Le site officiel de l'institution parisienne promet ainsi de "former les artistes de demain". En attendant, c'est aujourd'hui que la parole se libère. Ce 1er mars, des dizaines de manifestantes se sont mobilisées devant les locaux de l'école afin de dénoncer l'inaction des responsables de l'établissement. Inaction face à quoi ? A de nombreuses accusations de harcèlement, de discriminations, d'agressions, de viol également, comme l'énonce l'Obs.

Un sit-in a été organisé afin de dénoncer, notamment, l'irrespect du consentement d'élèves lors de certains cours de l'école. Des instructions d'acting mettraient en péril le respect des élèves et de leur intégrité. D'où l'inscription que l'on retrouve sur certaines pancartes du mouvement de protestation : "Non c'est non, même sur un plateau". Une assertion qui viserait directement plusieurs professeurs de l'école privée de théâtre.

Cette dernière n'est d'ailleurs pas restée sans réagir. "Le combat contre le harcèlement est notre combat. L'intégrité, le respect et l'épanouissement des élèves sont au centre de nos préoccupations. Notre porte est toujours ouverte à celles et ceux qui partagent ce combat", déclare ainsi un communiqué officiel du Cours Florent, relayé sur les réseaux sociaux. Et la publication de l'affirmer : "Nous n'avons rien à cacher".

"Cours Florent, cours violent"

Ce n'est pourtant pas ce que suggère l'association de lutte contre les violences dans les écoles du spectacle vivant Les Callisto. Sur le blog de Médiapart, le collectif a publié une tribune puissante : "Cours Florent, cours violent". "La violence n'est jamais de la pédagogie. Nous dénonçons les agressions, discriminations et humiliations systémiques. Nous dénonçons une institution qui s'est rendue complice. Nous condamnons l'apologie de la brutalité dans l'apprentissage artistique", peut-on lire.

Un texte virulent qui épingle les méthodes jugées abusives de certains professeurs et met en lumière certaines graves accusations. "Nous dénonçons votre mutisme face aux déclarations d'agressions au sein de votre établissement. Nous vous avons parlé du viol d'une camarade par l'un de vos enseignants. Vous répondez que son agresseur se sent mal, qu'il est très triste. Nous vous avons parlé d'une camarade, victime de corruption sur mineure par l'un de vos enseignants. Vous avez continué de faire applaudir son travail auprès d'ados au mépris de la mise en danger que cela constitue", développe à ce titre la tribune, dénonçant une forme d'impunité.

Et plus globalement, une culture du silence qui se serait généralisée au sein de l'institution. "Nous vous avons parlé de la souffrance qu'entraînent les pratiques de harcèlement et d'agressions de l'un de vos enseignants. Vous continuez de lui confier des classes, au mépris de la santé psychologique des élèves. Des faits de nature dangereuse et illégale remontent à vous, et vous ne réagissez pas", déplore encore le texte à ce titre.

A l'AFP, une ancienne étudiante du Cours Florent et membre de l'association persiste et signe : "On a prévenu plusieurs fois la direction de cas de discriminations, de harcèlement, de viol, d'agressions, la direction a voulu garder ça silencieux, on en a marre". Sur Instagram encore, des comptes abondamment suivis comme Paye ton rôle rapportent à l'unisson les situations et commentaires de professeurs les plus problématiques. "Il y a des professeurs qui utilisent la limite très tenue entre le théâtre et l'intime, ils disent que c'est le diktat de l'art mais le théâtre n'est pas un lieu de souffrance", ajoute une jeune manifestante à l'AFP.

En attendant de nouvelles réactions de l'institution, demeure cette conclusion des Callisto : "Nos blessures sont politiques, nos récits sont universels. Toutes les victimes ne parlent pas. Nous avons une responsabilité face à la violence. Une école de théâtre ne doit jamais nous apprendre que le silence est un moyen de survie".