#PrayForAmazonia : les internautes s'indignent contre l'indifférence générale

L'Amazonie est en proie aux flammes depuis des jours.
L'Amazonie est en proie aux flammes depuis des jours.
Le hashtag "Pray" est employé sur les réseaux sociaux afin de réagir aux drames internationaux. Et celui dont l'Amazonie fait l'objet n'est pas des moindres : de spectaculaires incendies ravagent les poumons du monde. Alarmant.
A lire aussi

Ce sont des images qui valent bien mille discours - et couperont volontiers la chique des plus "écolo-sceptiques". Cela fait plus de deux semaines déjà que la plus grande forêt du monde est en proie aux flammes. Le feu s'abat sur l'Amazonie, territoire particulièrement meurtri par la déforestation et la sécheresse. L'abattage des pompiers ne peut guère faire grand chose pour sauver ce que l'on surnomme "le poumon de la Terre" - car pour rappel, l'Amazonie produit plus de 20% de l'oxygène dans le monde.

CNN nous avertit : la forêt tropicale pourrait, si la situation ne s'améliore pas, devenir une savane, "non-habitable pour la plupart des espèces qu'elle abrite". Au Brésil, 72 843 incendies ont eu lieu cette année, dont plus de la moitié en Amazonie, précise encore le média américain.

Cette réalité bouleverse et effraie, à l'instar de ces spectaculaires images de São Paulo, le 19 août dernier, inondé par l'obscurité...en pleine journée. Des ténèbres provoqués par les épaisses fumées qui s'accumulent. Mais c'est aussi le peu d'attention que grands dirigeants, médias et anonymes accordent à cette actualité qui indigne. Le faible retentissement de ce drame aux répercussions pourtant majeures révolte les internautes. Sur les réseaux sociaux, les hashtags fusent, de #PrayForAmazonia à #PrayForTheAmazon en passant par #PrayforAmazonas. Chaque commentaire met le doigt sur une situation alarmante que d'aucuns préféreraient volontiers ignorer. L'adage ? "La nature n'a pas besoin de nous, mais nous avons besoin de la nature". Clair, précis.

Une vérité qui dérange

Au gré des tweets, les photographies-choc s'accumulent. D'animaux paniqués, de forêts dévastées, d'espèces de plantes carbonisées et de populations attristées par les désastres alentours. Vie sauvage en péril, humanité épouvantée, il est grand temps de tirer la sonnette d'alarme. "C'est drôle de voir à quel point les gens s'en foutent, alors je vais tout expliquer : si le feu continue, nous allons mourir", cingle un internaute. Chaque anonyme dénonce une forme d'indifférence généralisée. Indifférence, ignorance...ou déni ? En tout cas, jamais l'intitulé du documentaire écologiste d'Al Gore, Une vérité qui dérange, ne semble avoir aussi bien porté son nom.

Dans le flux des commentaires acerbes, nombreuses sont les piques à insister sur une certaine "échelle" des indignations, un peu trop variable. A savoir, ce contraste observé entre les réactions hier engendrées par l'incendie de la cathédrale de Notre-Dame et le drame qui aujourd'hui saisit l'Amazonie. "Il est incroyable que tant de gens aient fait un don à la cathédrale Notre-Dame, mais que personne ne se soucie de l'état actuel de l'Amazonie, ne semble s'intéresser à tout ce qui est menacé, à savoir 500 mille hectares de forêt et cinquante pour-cent des espèces de notre monde", décoche une voix.

A l'heure où les jeunes militantes "green" les plus emblématiques - de Greta Thunberg à Anuna de Wever - doivent supporter la haine massive des esprits les plus médisants (ceux des adultes "responsables"), une internaute met en évidence le comble d'une situation qui nous échappe. "Et les gens nous demandent pourquoi on milite pour sauver notre planète, genre ils pensent qu'on fait ça pour louper les cours. Ça me dégoûte, vous pensez que ça nous amuse de voir notre monde tomber en miettes ?", s'interroge-t-elle. Une question douloureusement rhétorique.

Et si malgré ces images de sinistre vous êtes en manque d'informations révoltantes, pas de panique : Jair Bolsonaro est toujours là pour ça. Face aux incendies qui ravagent le territoire, l'inénarrable président brésilien a déclaré :"il pourrait s'agir d'actions criminelles des ONG [écologistes] pour attirer l'attention contre ma personne". Faut-il en rire ou en pleurer ? Pour ceux et celles qui s'attristent sur les réseaux sociaux, ni l'un ni l'autre, il faut faire mieux : diffuser l'information, rappeler les chiffres, sensibiliser au maximum, et agir à son niveau. En faisant des dons aux oeuvres de charité associées à la protection des forêts, par exemple.