Société
"Rien d'spécial" : le court métrage qui dénonce la banalisation des violences faites aux femmes
Publié le 18 octobre 2017 à 17:25
Le court-métrage "Rien d'spécial", lauréat de la deuxième édition du concours No Gynophobie, illustre les sept principales formes d'agressions auxquelles sont confrontées les femmes. Sa réalisatrice, Floriance Colas, incite à réfléchir sur la banalisation de ces violences.
Photo d'illustration d'une femme se protègeant d'une agression. Photo d'illustration d'une femme se protègeant d'une agression.© Getty Images

Alors que la parole des femmes agressées sexuellement se libère grâce au #Balancetonporc, inspiré de l'affaire Harvey Weinstein, une réalisatrice a mis en lumière dans un court métrage, les sept principales formes d'agressions que subissent les femmes au quotidien. Lauréat du concours No Gynophobie, organisé par l'association Ensemble contre la Gynophobie, ce film réalisé par Floriane Colas, aborde la violence conjugale, le harcèlement de rue, le revenge porn (le fait de diffuser des photos ou vidéos sexy d'une personne) ou encore, le slut-shaming (le fait de juger une femme par rapport à sa tenue vestimentaire ou à sa sexualité).

"Si vous trouvez qu'il n'y a rien de spécial, vous faites partie du problème"

Floriane Colas reprend des codes du quotidien tel que l'utilisation de Snapchat et Instagram ou la télé-réalité "pour que les spectateurs se reconnaissent dans la scène et qu'ils soient directement face au sujet pour qu'ils s'interrogent sur la gêne ressentie", explique-t-elle dans une interview accordée à ChEEk Magazine.

La réalisatrice de 24 ans va jusqu'à donner l'impression au public d'assister à un viol via une webcam. "J'ai voulu faire réfléchir sur la banalisation de certaines violences faites aux femmes, celles qu'on juge moins grave que d'autres, celles que l'on a intériorisées". En témoigne l'accroche du film : "Immersion dans la réalité de 7 filles d'aujourd'hui. Si vous trouvez qu'il n'y a rien de spécial, vous faites partie du problème".

La responsabilité des femmes

Floriane Colas met également en avant le fait que certaines de ces violences sont perpétrées par d'autres femmes. "Quand j'étais adolescente je n'y allais pas de main morte pour critiquer les autres filles. C'était une espèce de mélange entre le jugement, la jalousie et l'envie de plaire aux garçons". Puis en se forgeant "une éducation féministe", la jeune femme finit par admettre "qu'en tapant sur les autres filles, (elle) met des barrières à toutes les femmes" et à elle y compris. "Être féministe c'est être pour l'égalité et prendre en compte la réflexion de femmes qui représentent des minorités".

La gynophobie, terme qui "regroupe l'ensemble des violences faites aux femmes, qu'elles soient physiques ou verbales, de l'excision au harcèlement de rue en passant par la différence de salaire ou encore le mariage forcé", a été associée au concours pour réclamer une nouvelle législation juridique. "Le machisme n'est pas puni par la loi et n'est pas considéré comme aussi grave que d'autres discriminations comme le racisme ou l'homophobie, explique la réalisatrice. En utilisant le mot "gynophobie", Lisa Azuelos (à l'initiative de ce concours, ndlr) veut créer un mouvement pour réellement condamner et juger les violences faites aux femmes comme un délit grave".

Par Terrafemina |
Mots clés
Société femmes Harcèlement de rue Violences conjugales Viol News essentielles
Sur le même thème
Ces 3 moments épiques des Victoires de la Musique ont fait triompher les femmes, mais surtout le féminisme
musique
Ces 3 moments épiques des Victoires de la Musique ont fait triompher les femmes, mais surtout le féminisme
16 février 2026
"Au cas où" : quand Théodora dénonçait les violences conjugales en pleine Ligue des Champions
Violences conjugales
"Au cas où" : quand Théodora dénonçait les violences conjugales en pleine Ligue des Champions
21 février 2026
Les articles similaires
"On peut avoir la vraie photo à poil pour comparer ?" : déshabillée par une IA, cette députée s'indigne, mais les commentaires des mecs sont abjects
Société
"On peut avoir la vraie photo à poil pour comparer ?" : déshabillée par une IA, cette députée s'indigne, mais les commentaires des mecs sont abjects
15 janvier 2026
"Les mascus veulent remettre les femmes sous la couette", dénonce ce sociologue face à la misogynie d'extrême-droite
Société
"Les mascus veulent remettre les femmes sous la couette", dénonce ce sociologue face à la misogynie d'extrême-droite
19 janvier 2026
Dernières actualités
Au cinéma : "A-bras-le-corps", un puissant exemple de "female gaze" à voir à tout prix
cinéma
Au cinéma : "A-bras-le-corps", un puissant exemple de "female gaze" à voir à tout prix
27 mai 2026
J'ai découvert une Simone Veil que je ne connaissais pas, et c’est bouleversant
Culture
J'ai découvert une Simone Veil que je ne connaissais pas, et c’est bouleversant
21 mai 2026
Dernières news