10 raisons de bouder la Fête de la Musique cette année

Et si on boycottait la Fête de la musique ?
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Le 21 juin, c'est le premier jour de l'été, mais c'est aussi le jour de la Fête de la Musique. Deux raisons de sortir danser et s'amuser... ou de rester chez soi, bien au calme (quitte à fuir à la campagne pendant tout le weekend, histoire d'être safe).
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Peut-être avez-vous un jour aimé la Fête de la musique, peut-être l'avez-vous toujours détestée... ou peut-être cherchez-vous cette année une excuse pour l'éviter. Dans tous les cas, voici 10 bonnes raisons de ne pas célébrer la Fête de la musique cette année.

1. Les mêmes chansons, tout le temps, en pire

Vous ne pourrez pas faire trois pas sans entendre une reprise toute pétée de Seven Nation Army des White Stripes avec une foule qui hurle des "POOOPOPOPOPOOOOOPOOO" ou d'un lover à guitare sèche s'égosillant sur Wonderwall pour impressionner les jeunes filles en fleurs. Une fois, c'est déjà relou mais bon, ça passe, deux fois, ça commence à taper sur le système, mais au bout de la cinquième reprise croisée en une soirée, on a envie de casser des têtes avec des manches de guitares.

Sans oublier que qui dit Fête de la musique dit gratuit, dit amateur, dit qualité clairement discutable. Alors oui, c'est bien d'encourager les nouveaux talents, même quand ils n'ont pas encore le niveau, mais peut-être pas tous à la fois non plus.

2. Les gens bourrés en meute

Le week-end en ville, c'est déjà pas la joie, selon le quartier où vous habitez ou celui que vous fréquentez, vous avez déjà pas mal l'habitude de slalomer entre les gens éméchés. Mais le soir de la Fête de la musique, c'est l'hécatombe. Ça devient une véritable pandémie, personne n'est à l'abri, l'alcool coule à flots et la contamination est aussi rapide que facile et chaque groupe a son maillon faible.

Si il succombe, c'est tout le groupe qui suit, comme une bande de lemmings qui se jettent du haut d'une falaise, et il ne faut que quelques instants pour que le groupe passe de la catégorie "amis qui s'éclatent et passent une bonne soirée" à "meute de zombies assoiffés qui ne maîtrisent ni leur corps, ni l'espace qui les entourent".

Et si on a la malchance de faire partie des gens sobres ou passablement éméchés, on se sent vite pris au piège, encerclé, et plus rien ne peut nous sauver. Il nous faudra des heures pour nous extraire de ce maelstrom fermenté, et rien ne garantit qu'on en sorte indemne.

3. Le BRUIT

Bah oui, on se fait vieux hein. Nos tympans ne sont plus ce qu'ils étaient et on commence à devenir un peu plus irritables, un peu plus sensibles aux bruits désagréables et au brouhaha propre à la fête de grande envergure. Ça fait un moment qu'on évite de sortir le 14 juillet et plus longtemps encore qu'on a pas foutu un pied dehors le soir du 31 décembre, c'est pas pour s'infliger la torture du 21 juin en plus.

Selon les quartiers, on peut se retrouver dans un espace anormalement bondé, sans aucun sens logique dans la circulation, avec des groupes qui font des reprises pétées à trois mètres d'écart les uns des autres. Peu importe où on va, il y a du bruit. Des mini concerts, des bars qui font péter la sono, des gens qui mettent la musique à fond avec leurs fenêtres ouvertes, des troubadours du dimanche qui hurlent à tue-tête pour se joindre à la fête...

Sans compter ceux qui essayent de parler, d'alpaguer le pote qui a dévié du troupeau, celui qu'on essaye de retrouver et sur lequel on hurle au téléphone ("Je lève la main là, tu me vois ? J'AI LE BRAS LEVÉ LA, A CÔTÉ DU RÉVERBÈRE ! MAIS TOURNE LA TÊTE !!!!")

4. Les flaques de vomi par milliers

Là encore, on a l'habitude d'en croiser quelques flaques le dimanche matin en allant chercher le pain (ok, le dimanche 15h en allant chercher son McDo, bon). C'est toujours aussi peu agréable, mais on s'y fait. En sortant de soirée, on a également l'habitude de faire attention où on met les pieds et de contourner les quidams vacillants qui semblent toujours "sur le point de".

Mais pour la Fête de la musique, tous les trottoirs de la ville prennent des allures de Jackson Pollock. Y en a partout, tout le temps, de toutes les formes et envergures, on ne peut pas lever les yeux du trottoir deux secondes (mais comme les rues sont bondées on est quand même obligés parce que sinon c'est la collision assurée), tout est dégueulasse, tout le monde fait pipi contre les murs, les pas de portes et entre deux voitures pour ne rien arranger, bref, la rue devient un champ de bataille jonché d'obstacles et de dangers biologiques.

C'est dégueulasse, ça pue, ça tue toute la magie du moment et pour peu qu'on ramène ça chez soi sous ses semelles, c'est la cata assurée. Alors qu'en chaussettes sur son parquet, on risque rien.

5. L'impossibilité de se rendre d'un point A à un point B

Inutile de donner rendez-vous à des amis dans tout ce bordel, c'est la croix et la bannière pour se retrouver. Pour parcourir le trajet qui vous sépare d'un point A à un point B, que vous faites généralement en dix minutes sans vous presser lorsque les rues sont vides, vous mettez quarante-cinq minutes - et évidemment, le chemin est semé d'embûches et tout est prétexte à vous ralentir. Les gens qui dansent, qui s'engueulent, qui titubent, un concert à droite, deux concerts à gauche, une voiture qui essaye de passer parce que son conducteur a vraisemblablement fait le voeu d'emmerder la terre entière ce soir là et de passer la pire des soirées... Bref, ça n'en finit pas.

Et avec un peu de chance, le temps que vous arriviez au lieu de rendez-vous, les personnes que vous deviez rejoindre ont déjà changé de crèmerie, parce que c'est bien connu, il y a taaaant de choses à voir en si peu de temps, il faut faire le tour des spots qui bougent pour ne pas en perdre une miette - et tant pis pour ceux qu'on laisse derrière, ils n'auront qu'à nous rattraper. Au bout de quarante-cinq minutes de galère.

6. L'arnaque des concerts gratos

Chaque année c'est pareil. La ville organise des tas de concerts gratuits, les bars et les salles de spectacles s'y mettent aussi, et du coup on sait plus trop où donner de la tête. Du coup, généralement, on choisit le plus grand. C'est souvent l'occasion de voir des artistes qu'on aurait jamais eu l'occasion de voir en live parce que c'est trop cher, qu'on ne les aime pas à ce point ou juste qu'on ne s'y intéresse que de loin. Sur le papier, c'est cool.

En réalité, c'est souvent le bordel, si on arrive pas huit heures avant on peut se brosser pour voir autre chose que les écrans géants qui retransmettent ce qui se passe sur scène, on se retrouve à assister à des concerts d'artistes qu'on déteste et on se fait écrabouiller dans une foule tout aussi désintéressée que nous. On vient parce que c'est gratos, pour voir, et on repart parce qu'en vrai, on avait complètement oublié qu'on en avait rien à cogner.

Tout ça pour ça.

7. La pluie

C'est presque une obligation : le jour de la Fête de la musique, il DOIT pleuvoir. Ça devient de plus en plus rare d'avoir un 21 juin sans pluie, et si ça c'est pas un signe de l'univers qui nous dit qu'il est grand temps d'arrêter les conneries, je vois pas ce qu'il vous faut de plus.

Qu'est-ce qu'il y a de pire qu'une succession de reprises de chansons pourries jouées à la cantonade dans un quartier bondé et plein de gens bourrés qui se bousculent ? Le même scénario, mais sous la pluie.

8. Le dimanche, c'est fait pour DORMIR

Cette année, la Fête de la musique tombe un dimanche. Et le dimanche, c'est fait pour quoi ? Pour DORMIR. Le dimanche, c'est fait pour passer la journée au lit ou dans le canapé, à se faire des promesses de productivité pour la semaine à venir en bavant devant une série ou des films débiles et en mangeant des bonnes choses. À la limite on peut sortir faire le marché si on se sent motivée, mais faudrait voir à pas trop pousser non plus.

Alors sacrifier son dimanche pour aller se mêler à tout ce qui a été cité plus haut, alors que les weekends sont déjà si courts, est-ce que ça en vaut vraiment la peine ?

Non.

9. La violence

Quand on mélange alcool, foule, chaleur et musique bruyante, on obtient quoi ? Des tempéraments qui s'échauffent, et donc des embrouilles, et donc des bastons. Et comme les rues perdent leurs repères civilisés sous les nuées de monde et d'instruments qui hurlent, on retrouve plus facilement nos bas instincts et on a la patate facile.

Ça faisait déjà pas mal d'obstacles à contourner, mais quand en plus on prend le risque de se retrouver au milieu d'une baston d'ivrognes énervés (qui ont tous des bouteilles de bière à la main, prêtes à être pétées pour servir d'armes), là c'est carrément de l'inconscience.

10. La bière chaude à 10 balles

Passez plutôt chez l'épicier, sortez vos vieux CD, et buvez-vous une bière bien fraîche en écoutant les titres qui vont ont fait vibrer à l'époque où vous aimiez encore la fête de la musique, ça coûtera moins cher. Vous valez mieux d'une barquette de merguez-frites à 8 euros.