Société
En Afghanistan, le "boom" des burqas inquiète beaucoup
Publié le 18 août 2021 à 15:06
Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
Alors que les Talibans mettent en place leur nouveau régime en Afghanistan, nombreuses sont les femmes afghanes à "s'approvisionner" en burqas, comme l'a rapporté la journaliste de CNN Clarissa Ward, actuellement à Kaboul. Un signe inquiétant.
La journaliste de CNN à Kaboul, Clarissa Ward La journaliste de CNN à Kaboul, Clarissa Ward
La suite après la publicité

"En Afghanistan, on commence à comprendre comment l'espace peut devenir de plus en plus petit pour les femmes, comment leurs droits sont mis de côté, comment elles finissent par en être privées". Ces mots sont ceux de la journaliste américaine Clarissa Ward, correspondante pour la chaîne d'information américaine CNN. Dans un pays repris en mains par les talibans depuis le week-end dernier, la reporter de 41 ans est à Kaboul et a pu observer un inquiétant phénomène : la recrudescence des ventes de burqas dans les rues.

Un commerçant de la capitale lui aurait ainsi expliqué vendre de plus en plus de burqas ces derniers jours. Pourquoi ? "Car les gens ont peur". Ce "boom" de la burqa témoigne déjà des incidences du respect de la loi islamique (ou charia), souhaitée par les talibans, et qui comprend donc le port de la burqa, le voile intégral, pour les femmes. Femmes et filles afghanes sont en première ligne concernant la répression des libertés et droits sous le régime taliban.

"J'ai vu quelques femmes dans les rues de Kaboul ces derniers temps, mais je dirais que j'ai vu beaucoup moins de femmes que je n'en verrais d'habitude. Et celles que vous voyez marcher ont tendance à être habillées de manière plus conservatrice qu'elles ne l'étaient au même endroit hier", note encore la reporter.

Inquiétant état des lieux.

"Je n'ai jamais vu ça"

"Le vrai sujet, ce sont encore les personnes qui ne sont pas dans les rues aujourd'hui, qui se cachent chez eux, qui sont pétrifiés à l'idée de sortir, qui craignent d'être des cibles, qui craignent pour leur vie, ont trop peur de raconter leurs histoires", a développé Clarissa Ward. Les propos de la correspondante internationale de CNN en disent long sur l'étendue d'une situation critique : ce que l'on ne voit pas inquiète au moins autant que ce que l'on voit dans les rues de Kaboul - notamment, des femmes terrifiées qui viennent acheter des burqas par "anticipation".

"C'est quelque chose qu'honnêtement je n'aurais jamais pensé voir. J'ai vu plus de burqas aujourd'hui que j'en avais vu depuis un moment. Évidemment, je suis moi aussi habillée d'une manière très différente de la façon dont je m'habillerais normalement pour marcher dans les rues de Kaboul", conclut la journaliste. Si le porte-parole des talibans Zabihullah Mujahid a annoncé lors d'une première conférence de presse ce 17 août que le port de la burqa ne serait pas imposé aux femmes, nombreux sont ceux qui accueillent ces informations avec perplexité.

D'autant plus lorsque le même Zabihullah Mujahid affirme que le gouvernement islamique serait "ouvert et inclusif", ou bien encore que "l'Émirat islamique ne veut pas que les femmes soient des victimes". Des mots reçus sans grande conviction lorsque l'on sait que les représentations publicitaires de femmes sont déjà badigeonnées dans la capitale depuis plusieurs jours. Ce qui n'augure rien de bon.

"Dans les rues, il y a des talibans partout : ici, là et là. Les gens ont peur. Tout le monde peut deviner à quoi ressemblera la situation sur le terrain dans deux heures, sans parler de deux jours, deux mois", a enfin déploré Ward. A bon entendeur.

Mots clés
Société News essentielles Afghanistan Monde droits des femmes femmes international
Sur le même thème
24 ans d'écart : ce couple de stars fait beaucoup réagir pour son quasi quart de siècle de différence, vous avez dit patriarcat ?
cinéma
24 ans d'écart : ce couple de stars fait beaucoup réagir pour son quasi quart de siècle de différence, vous avez dit patriarcat ?
4 septembre 2025
"Viré parce que je suis un homme blanc" : Patrick Sébastien dénonce les "wokistes" et se victimise dans un bingo du boomer affligeant
Culture
"Viré parce que je suis un homme blanc" : Patrick Sébastien dénonce les "wokistes" et se victimise dans un bingo du boomer affligeant
20 novembre 2025
Les articles similaires
"C'est aussi le champion du harcèlement sexuel" : cet athlète mondialement reconnu est accusé de violences, les féministes indignées sur Instagram
Société
"C'est aussi le champion du harcèlement sexuel" : cet athlète mondialement reconnu est accusé de violences, les féministes indignées sur Instagram
17 septembre 2025
"J'aime être sexy et me prendre en photo nue" : Britney Spears supprime ses très sulfureux "selfies dénudés" sur Insta et ses nus étaient "vraiment politiques", elle explique
Société
"J'aime être sexy et me prendre en photo nue" : Britney Spears supprime ses très sulfureux "selfies dénudés" sur Insta et ses nus étaient "vraiment politiques", elle explique
4 novembre 2025
Dernières actualités
“Doucher, coucher, toucher” : une nouvelle plainte d’un ado contre Jean-Marc Morandini… CNews va-t-elle réagir ?
justice
“Doucher, coucher, toucher” : une nouvelle plainte d’un ado contre Jean-Marc Morandini… CNews va-t-elle réagir ?
6 février 2026
Gérard Depardieu "est très délicat envers les femmes", affirme son ex épouse (et ça laisse perplexe)
cinéma
Gérard Depardieu "est très délicat envers les femmes", affirme son ex épouse (et ça laisse perplexe)
6 février 2026
Dernières news