Pourquoi Amel Bent a décidé de parler de sa fausse couche

Amel Bent à Roland Garros en juin 2021
Amel Bent à Roland Garros en juin 2021
Dans cette photo : Amel Bent
Après avoir confié dans l'émission "Sept à huit" avoir fait une fausse couche, Amel Bent est revenue sur cette prise de parole qu'elle a jugé nécessaire.
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C'est un sujet douloureux qu'Amel Bent a décidé d'aborder lors de l'émission Sept à Huit le 24 octobre dernier. En plein promo pour son album Vivante, la chanteuse, qui a annoncé être enceinte de son troisième enfant, a pris la parole sur un sujet tabou : la fausse couche qu'elle a vécue il y a quelques mois.

Celle qui se définit comme "très pudique" est revenue sur cette confidence auprès de nos confrères de Purecharts. Et sur ce qui l'a décidée à en parler. "Je n'avais rien dit à mes plus proches quand c'est arrivé donc je ne pouvais pas m'imaginer une seconde en parler devant des millions de gens quelques mois plus tard", explique-t-elle. "C'est mon médecin qui m'a donné le déclic. Avec la nouvelle grossesse, j'étais très très paniquée, et je lui ai demandé si c'était normal. Il m'a dit que je ne me rendais pas compte que ce que vivais, une femme sur 4 le vit. Il m'a dit : 'Je ne comprends pas, vous, qui avez une tribune incroyable, pourquoi vous n'en parleriez pas ?'."

Alors qu'Amel Bent confie à son médecin trouver ce sujet "trop intime" pour être partagé, celui-ci l'assure : la peur de la fausse couche, le traumatisme de la perte d'un bébé, sont "universels".

La chanteuse de 36 ans, mère de Sofia et Hana (5 et 4 ans), a alors échangé avec son docteur sur "ce fameux premier trimestre qui est passé sous silence" et qui a d'ailleurs fait l'objet d'un livre passionnant, Trois mois sous silence. "La société ne te considère enceinte qu'à trois mois. La déclaration de grossesse, c'est trois mois. Avant, tu ne peux faire aucune démarche. Alors que c'est très contradictoire avec ce que ressentent les femmes à cette période. Les trois premiers mois, les femmes ont des nausées, elles font pratiquement de la narcolepsie, elles ont mal partout, mais elles n'ont pas le droit de le dire. La société n'est pas prête à l'entendre. Et quand elles vivent le deuil d'un enfant, elles le vivent seules. C'est horrible les séquelles que ça laisse."


Une période de grande solitude et d'isolement qui a d'ailleurs poussée la députée Paula Forteza à proposer ce 4 novembre une série de 17 mesures nourries par des témoignages édifiants de femmes qui ont vécu ce fameux premier trimestre d'incertitudes.


"Les femmes vont bosser, on leur donne un cachet... Elles n'ont pas dit qu'elles étaient enceintes donc elles ne vont pas dire qu'elles sont en train de perdre leur bébé. Elles vivent ça en toute normalité. Ce sont des douleurs horribles. Tu fermes ta gueule en fait, tu prends un Efferalgan et tu attends que ça passe. Psychologiquement, c'est violent, et puis, tu sais ce qui est en train de se passer. Les gens ne se rendent pas comptent...", souligne Amel auprès de Purecharts.

La prise de parole de la chanteuse sur ce sujet aussi intime qu'universel a touché de très nombreuses femmes. Elle confie avoir reçu "des milliers de messages, de témoignages, de merci". Des manifestations de soutiens qui l'ont laissée "en larmes". "Je me disais : 'Mais comment ça se fait qu'on ne s'est jamais parlé de tout ça ?'. C'est 25% des femmes ! C'est énorme. Et ça n'arrive pas qu'une fois, parfois, elles ne retombent pas enceintes derrière. Et tu culpabilises... Je me dis que s'il y a des gamines et des femmes à qui ça arrive, et qui voient que quelqu'un à la télé en a parlé... Surtout avec le message d'espoir derrière."

Amel Bent ne regrette rien, bien au contraire. Elle se réjouit d'avoir pu "aider ses soeurs" en brisant ce silence qui fait mal. "Je voulais que ça ait le même impact que quand le médecin m'a parlé, quand il m'a dit que je n'avais rien fait, que ce n'était pas de ma faute."