Société
Après le procès de Mazan, des "groupes de conversations sur le viol" pouvant rassembler jusqu'à 70 000 membres viennent d'être révélés
Publié le 27 décembre 2024 à 11:00
Le 19 décembre, dernier jour du procès de l'affaire Pelicot, The Telegraph a révélé les résultats d'une enquête allemande. Des groupes de conversation ont été découverts, dans lesquels des hommes s'échangent des images et des conseils pour violer les femmes y compris celles de leur famille.
Après le procès de Mazan, des "groupes de conversations sur le viol" pouvant rassembler jusqu'à 70 000 membres viennent d'être révélés
Le 19 décembre, le verdict du procès dit des viols de Mazan, ou affaire Pelicot, a été prononcé. L'affaire Pelicot a mis 51 hommes sur le banc des accusés pour avoir sédaté et violé Gisèle Pelicot avec l'aide de son mari Dominique Pelicot. Une enquête menée par la chaîne allemande ARD et le collectif d'investigation "STRG_F" a révélé des groupes de "conversation sur le viol". Ces groupes peuvent rassembler jusqu'à 70 000 hommes issus de plusieurs pays différents. Leurs conversations se déroulent en anglais sur l'application de messagerie cryptée Telegram.

Le chapitre de l'affaire Gisèle Pelicot vient à peine de se refermer qu'une autre affaire de viols de masse s'ouvre. Le 19 décembre, on vous le disait dans cet article, le verdict du procès dit des viols de Mazan a été prononcé. Pour rappel, ce procès a mis 51 hommes sur le banc des accusés pour avoir sédaté et violé Gisèle Pelicot avec l'aide de son mari Dominique Pelicot. Le jour-même, le journal anglais The Telegraph révélait qu'une enquête menée en Allemagne avait mis au jour des groupes de "conversation sur le viol"

À lire aussi : "Je voudrais saluer le courage de mon ex-femme" : au procès des viols de Mazan, Dominique Pelicot demande un pardon invraisemblable à Gisèle Pelicot

Jusqu'à 70 000 membres par groupe 

L'existence de ces "conversations sur le viol" a été découverte au cours d'une enquête d'un an menée par la chaîne allemande ARD et le collectif d'investigation "STRG_F". Selon le Telegraph, ces groupes peuvent rassembler jusqu'à 70 000 hommes issus de plusieurs pays différents. Leurs conversations se déroulent donc en anglais sur l'application de messagerie cryptée Telegram. C'est là qu'ils s'échangent des images, des vidéos, mais aussi des conseils sur les différentes manières de parvenir à violer une femme. 

Echo sordide à l'affaire Pelicot, certains expliquent comment sédater une femme pour la violer et évoquent même le fait d'agresser sexuellement leurs épouses, mais aussi leur mère, leur sœur ou tout autre membre féminin de leur famille. Selon le Telegraph, ils poussent même le vice jusqu'à s'envoyer des liens vers des boutiques en ligne où ils peuvent acheter des sédatifs déguisés en produits capillaires. 

Le contrôle des sites en ligne

Au cours de l'enquête, certains groupes ont été fermés, mais la mesure s'est bien sûr montrée insuffisante. Selon le journal anglais, les membres des groupes fermés ont reçu des liens pour en rejoindre d'autres. En attendant, cette affaite vient renforcer l'urgence d'un des sujets soulevés par l'affaire Pelicot : celle du contrôle sur Internet des sites de pornographie en ligne. On rappelle que c'est sur Internet que Dominique Pelicot avait pris contact avec les autres accusés pour leur proposer d'agresser sexuellement son épouse dans son sommeil. 

"Not all men", vraiment ?  

Ce que l'on doit à l'affaire Pelicot aussi, c'est d'avoir prouvé, s'il était nécessaire, qu'il n'y pas de profil type d'un violeur. Père de famille, jeune, vieux, policier ou sans emploi, tous les hommes sont de potentiels agresseurs ou complices d'agression sexuelle. Sur les réseaux sociaux, certaines tirent également cette conclusion au regard de l'enquête allemande qui vient d'être révélée. 

@_jessdavies

All men might not be perpetrators, but all men have a responsibility to call out male violence. Your silence sides with the men you claim to not know.

♬ Messa da Requiem: II. Dies irae - Daniel Barenboim & Chicago Symphony Orchestra

Dans cette vidéo publiée le 23 décembre, c'est ce que rétorque cette tiktokeuse face à ceux qui se défendent avec des phrases comme "Not All Men" (Pas tous les hommes), "Ce qu'une petite partie (des hommes ndlr)" ou encore "C'est un mauvais exemple". Cela fait beaucoup de mauvais exemples là, non ? 

Par C.L | Journaliste
Camille est spécialisée sur les sujets qui traitent des femmes dans la société.
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