"Lorsque J’ai participé à ses émissions, ça se passait plutôt bien. Ça veut dire quoi ? Qu’il faut séparer l’homme de l’œuvre, c’est ce qu’on dit parfois des chanteurs." Voici les premiers mots de Nelson Monfort lorsque Bérénice Gabriel, journaliste à Mediapart, l'interroge sur le cas Jean-Marc Morandini. À savoir, le fait que, malgré sa condamnation définitive pour corruption de mineurs, le 14 janvier, le présentateur a été maintenu à l'antenne de CNews.
Que pouvait-on attendre d'autres d'un homme blanc et privilégié de 72 ans ? Si les propos de Nelson Monfort ne surprennent pas, ils n'en restent pas épuisants. Dans la vidéo publiée par Mediapart le 22 janvier, l'ancien présentateur sportif, se montre profondément ancré dans la cause de la séparation de l'homme et de l'artiste mais aussi, et ça on l'attendait moins, du pardon biblique.
"Évidemment ce qu’il a fait, je ne vais pas vous dire que c’est bien... Et dernière chose, c’est peut-être ma culture, ma religion, ma philosophie, je suis pour le pardon des offenses", rétorque-t-il à la journaliste qui lui répète que Morandini a tout de même "demandé à un enfant de 16 ans de lui envoyer des photos de son sexe et de se masturber". Sans vergogne, il joue également la carte de la décrédibilisation de la parole des victimes en demandant si ces faits ont été prouvés. Ce à quoi la journaliste lui répète que le présentateur de CNews a été définitivement condamné.
Finalement c'est assez clair, Nelson Monfort n'est au courant de rien, ou plutôt il s'en fiche. "Vous n’y étiez pas, je n’y étais pas, poursuit-il. Dans la Bible, on prêche le pardon des offenses. Et est-ce que c’est arrivé depuis ? Je ne pense pas". On n'était pas aux cours de catéchisme du mercredi après-midi, alors on veut bien savoir : où est le passage de la Bible qui appelle à la complaisance avec les pédophiles ?
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