Le maintien de Jean-Marc Morandini à l'antenne : illustration que le patriarcat a de beaux jours devant lui, ou simple respect de la "présomption d'innocence" si chèrement prônée par Gérald-Brice Viret, patron de Canal + ?
Pour noble rappel, en décembre 2022, l'animateur de CNews et I-Télé avait été condamné à un an de prison assorti d'une période de sursis probatoire de deux ans pour corruption de mineurs. Il avait fait appel. Lors du deuxième procès, la cour d'appel de Paris avait prononcé une peine plus lourde : deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende.
Celui qui était persuadé d'être victime d'une injustice s'était alors pourvu en cassation. Verdict ? Le 14 janvier, la cour a persisté et signé. Elle a rejeté le pourvoi et définitivement condamné l'animateur pour ses textos à caractère sexuel envoyés à des mineurs entre 2009 et 2016.
Visiblement peu convaincu de cette décision pourtant confirmée et (re-re)confirmée par la justice, Canal+ a malgré tout décidé de laisser mister JM à l'antenne. "Jean-Marc Morandini est à l’antenne de CNews, et il y restera", a clamé Gérald-Brice Viret, directeur général du groupe, définitif, lors d'une rencontre avec la presse, jeudi 15 janvier.
Alors, pied de nez éhonté aux victimes ?
L'une d'elles, Axel, a réagi.
Si le jeune homme s'est dit "très content" de cette décision judiciaire qui vient enfin mettre un point final à des années de bataille, il relativise le reste. "Son maintien à l'antenne, je n'ai pas été surpris. Je ne sais malheureusement pas sur quoi ils peuvent se baser, sachant qu'Itélé avait fait un communiqué en 2016, disant que s'il y avait une condamnation, ils actaient une fin de collaboration".
Vrai. "En cas de condamnation, Jean-Marc Morandini et I-Télé ont d'ores et déjà prévu qu'il quitterait le groupe sans indemnité", indiquait précisément ledit communiqué à l'époque.
Alors, pourquoi ce revirement ? Raisons purement pécuniaires ? Jean-Marc Morandini rapporterait-il, contre toutes attentes, gros ?
Apparemment oui. Aussi étonnant que celui puisse paraître, avec son décryptage de médias fourre-tout, il est leader à son horaire.
Peut-être aussi, qu'au fond, Vincent Bolloré voit ici une nouvelle occasion d'empêcher les détracteurs de détracter ses figures "stars" (ping Cyril Hanouna) ?
"C'est son employeur, s'ils souhaitent le garder, ils le gardent", commente en tout cas Alex, résigné.
Combatif malgré tout, il affirme que, s'il y a un nouveau procès, il sera prêt à se battre de nouveau, comme il le fait depuis maintenant dix ans (!). "Pour l'instant, c'est trois contre zéro", a-t-il malicieusement souligné, en référence aux trois premières batailles judiciaires perdues par JM.
Jean-Marc Morandini, quant à lui, conserve non seulement son poste, mais aussi son culot. Selon la chaîne à l'AFP, il "continue son combat pour la justice". Dans un communiqué, on apprend que les avocates de l'animateur envisagent "la possibilité de saisir la Cour européenne des droits de l’homme".
Rien que ça.