La Finlandaise (et féministe) Tiitu Takalo couronnée du prix de la BD Artémisia

"Moi, Mikko et Annikki" de la Finlandaise Tiitu Takalo, couronnée par le prix Artémisia de la bande dessinée.
"Moi, Mikko et Annikki" de la Finlandaise Tiitu Takalo, couronnée par le prix Artémisia de la bande dessinée.
Un récit de couple, une certaine histoire de la Finlande, de ses traditions et de ses transformations, un roman graphique légèrement autobiographique... Récompensé par le prix féministe de la bande dessinée Artémisia, l'album "Moi, Mikko et Annikki" vaut le détour.
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Les rues du quartier historique d'Annikki, le quotidien d'un couple finlandais, la lutte contre la voracité des promoteurs immobiliers, l'odyssée de Tampere, ville du Sud-Ouest de la Finlande ponctuée de musées et d'églises... C'est tout cela que raconte Moi, Mikko et Annikki, roman graphique de l'autrice Tiitu Takalo. Une bande dessinée qui vient d'être couronnée par le prix annuel de la BD de l'association Artémisia.

Comme le rappelle Franceinfo, Artémisia décerne tous les 9 janvier un prix à une autrice d'albums de BD - autrice, scénariste, dessinatrice. Une date emblématique puisque c'est ce jour-là, en 1908, qu'est née l'écrivaine et philosophe Simone de Beauvoir. Cette année, c'est donc Tiitu Takalo qui s'est vue récompensée par le jury de cette cérémonie confidentielle, pour une bande dessinée sortie il y a déjà six ans dans son pays natal, et enfin traduite en français l'an dernier aux éditions du Rue de l'échiquier.

Mais pourquoi recommander la lecture de Moi, Mikko et Annikki ? Pour sa dimension culturelle bien sûr. Mais aussi pour "la générosité du récit, l'habileté, l'intelligence et le dynamisme des dessins, ainsi que l'efficacité de la mise en couleur", développe encore le jury d'Artémisia avec enthousiasme. Voilà qui donne envie.

Une histoire urbaniste et sociale

Et l'association Artémisia n'est pas seule à tresser des louanges, loin de là. Les éditions de la Rue de l'échiquier célèbrent "la prose graphique flamboyante" de l'autrice finlandaise et "féministe revendiquée". Son album dénote notamment par la richesse de son fort discours social.

"Cette bande dessinée aborde des questions universelles : qu'est-ce qu'une ville, au fond ? Comment préserver son âme ? Comment résister à la pression immobilière et aux manipulations politiques dont elle s'accompagne ?", développe en ce sens l'éditeur.

Une "flamboyance" déjà primée lors de la première édition de Moi, Mikko et Annikki. En 2015, la dessinatrice obtenait ainsi le prix Cartoonia, envisagé comme la plus prestigieuse récompense du neuvième art en Finlande. Il faut dire qu'au sein du pays, Tiitu Takalo est une véritable fierté nationale. La preuve ? Même l'ambassade de la Finlande en recommande la lecture sur ses réseaux. Et le compte People of Finland de prescrire l'oeuvre intégrale de Takalo,"superbes bandes dessinées pleine de féminisme, d'anarchisme et de thèmes queer".

Des oeuvres très engagées donc, mais encore insuffisamment traduites. Moi, Mikko et Annikki est d'ailleurs le seul album de l'autrice (et admiratrice des Suffragettes) traduite dans l'Hexagone - et c'est bien dommage. Gageons que la mise en lumière de l'association Artémisia incitera les lecteurs et lectrices à se ruer en librairies.