La BD qui se demande pourquoi le short est indécent pour les filles à l'école

Le short est-il indescent seulement pour les filles ?
Le short est-il indescent seulement pour les filles ?
En terme de "tenue correcte", les filles seraient-elles les seules touchées par l'interdiction du short à l'école ? C'est la question que se pose la dessinatrice du blog Dans mon tiroir, dans une bande dessinée publiée sur Facebook.
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Le contrôle de la façon dont s'habillent les filles commence tôt. La preuve, c'est que certaines institutions leur reprochent souvent le port du short, qu'elles qualifient de tenue non-correcte. Début septembre, par exemple, un collège de Clermont-Ferrand avait "rhabillé" une fille de 6e, sur simple justification que son short n'était pas correct. Sa mère avait posté les photos de sa fille revenue à la maison avec un pantalon sale.

Pour s'insurger contre cette différence de traitement entre garçons et filles, l'illustratrice du blog Dans mon tiroir en a fait une bande dessinée, "Indécentes Adolescentes", qu'elle a publié sur Facebook dimanche 23 septembre : "Ces contrôles, censés assurer la "décence" des adolescent·es au sein de l'établissement, sont souvent injustes et en défaveur des filles."

Elle veut ouvrir le débat sur cette soi-disant "indécence" et se pose la question sur le fait qu'elle soit "exclusivement féminine". Elle raconte avoir été contactée par une élève de Terminale du lycée Jean Moulin de Pézenas dans l'Hérault qui se plaignait des remarques sur son short à la cantine ou dans les couloirs de son lycée : "Je rappelle que si les températures commencent globalement à descendre en France, il faisait encore 25 à 30° à Pézenas la semaine dernière. Une température maximale de 33° est attendue cet après-midi. On comprend que les lycéennes gardent quelques shorts sous la main pour faire face à ces vagues de chaud."

Selon le témoignage de la jeune fille, la proviseure aurait "justifié sa traque des tenues jugées 'indécentes'" pour la raison suivante : "Les filles dérangent les garçons et nuisent à leur apprentissage". Elle s'amuse à faire dire à un de ses personnages masculins : "Quelqu'un m'explique le rapport entre mon 5/20 en SVT et les jambes de mes potes ?"

Dans mon tiroir se souvient de l'époque où, à l'école, on lui faisait des remarques sur ses bretelles de soutien-gorge qui dépassaient légèrement, et se demande : "Bizarrement, les sous-vêtements des garçons n'ont jamais eu l'air d'empêcher les filles de se concentrer".

Pour elle, toutes les raisons sont bonnes pour "décréter qu'une tenue n'est pas correcte". Dans mon Tiroir remarque que les garçons qui viennent en short court au sport ne se font "jamais reprendre" et qu'on oblige assez souvent les filles à se "rhabiller" en leur donnant des pantalons du stock de l'école.

Elle cite l'histoire d'une manifestation de parents devant une école parisienne en 2013 après que des dizaines de lycéen·nes se soient fait refouler pour avoir porté des pantalons courts ou des shorts. Mais également la mobilisation d'élèves d'un lycée de Brignoles dans le Var le 19 septembre, qui ont bloqué leur établissement par peur de voir les shorts interdits pour les filles.

Alors que si on réfléchit bien, raconte-t-elle, la nudité est partout dans l'espace public sans que les moralisareur·trices n'y trouvent grand chose à redire. Dans mon tiroir fait dire à une de ses personnages : "Mais on vous parle même pas de sensualité, on veut juste mettre des shorts ! Parce qu'on a chaud !". Elle évoque aussi l'histoire d'une enfant de quatre ans dont on a obligé la mère à lui faire porter un pantalon sous sa jupe.

L'autrice de la bande dessinée dénonce aussi les modèles de shorts qui sont proposés aux jeunes filles dans les magasins. Ils seraient courts, moulants et sans poches pour les filles et "décent" et pratique pour les garçons. Ce qui serait pour elle une injustice et une discrimination.

La publication de sa bande dessinée a été partagée plus de 2700 fois sur Facebook. Elle a réussi à faire bouger les choses au lycée Jean Moulin de Pézenas. Dans mon tiroir explique la fin de l'histoire dans un post sur sa page : "La proviseure a réagi intelligemment en organisant des réunions avec les délégué·es de chaque classe : les filles auront de nouveau le droit de porter des shorts dans l'établissement ! Un bel exemple de militantisme féministe à la fois bienveillant, légitime et efficace." Bien joué !