Les "cannamoms", ces mères qui prennent du cannabis pour gérer la charge mentale

Les "cannamoms", ces mères qui prennent du cannabis pour être de "meilleurs parents"
Les "cannamoms", ces mères qui prennent du cannabis pour être de "meilleurs parents"
La tendance ne fait que grossir. Aux Etats-Unis, elles sont de plus en plus de mamans à s'aider de cannabis microdosé pour gérer la charge mentale et les aléas de la maternité plus sereinement. Leur nom : les "cannamoms".
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Le principe prête à sourire et pourtant, il est tout à fait sérieux. Outre-Atlantique, de plus en plus de mères adhèrent à une astuce particulière pour vivre leur quotidien de manière plus détendue : le cannabis. L'une des pionnières de ce mouvement, c'est Danielle Simone Brand, journaliste américaine qui s'est lancée dans l'aventure en 2016, au moment de la légalisation de la consommation pour adultes en Californie.

Mère de deux enfants aujourd'hui âgés de 8 et 11 ans, elle a été tellement convaincue par les effets de la drogue sur sa parentalité qu'elle en a écrit un livre intitulé Weed Mom : The Canna-Curious Woman's Guide to Healthier Relaxation, Happier Parenting, and Chilling TF Out ("Maman Beuh : le guide de la femme canna-curieuse pour une relaxation plus saine, une parentalité plus heureuse et pour une p**ain de détente", traduit Courrier International).

Elle décrit notamment comment le cannabis lui a permis de se sentir moins submergée par la charge mentale, et à avoir plus de patience et de disponibilité pour ses enfants. Pour Latrese Thomas, Afro-américaine de 40 ans mère de deux ados et d'un petit, c'est aussi un moyen, dans un contexte de tensions raciales impactant particulièrement la communauté noire, de l'aider à "contrôler [son] anxiété en tant que maman – et pas seulement en tant que femme noire, mais en tant que mère d'enfants noirs", précise-t-elle à la BBC.

"Après une longue journée avec les enfants - surtout pendant la pandémie, quand j'étais à la maison avec mes trois bébés, toute la journée - une fois qu'ils étaient endormis, je faisais couler un bain, je mettais des sels de bain au cannabis dans mon bain et je vapotais aussi du cannabis".

La clé, estiment les "cannamoms" ? Le microdosage.

"Plus présente, plus patiente et plus créative avec mes enfants"

"La grande idée reçue est que nous fumons pour planer", s'amuse Latrese Thomas. "Eh bien, non. Je suis toujours une maman. Je dois toujours fonctionner. Je dirige toujours une entreprise. Je dois toujours aller chercher et déposer les enfants et assister aux entraînements."

La journaliste Simone Brand aquiesce : "Si je suis parent, je ne veux qu'une dose suffisamment faible pour que cela change un peu ma perspective. Toutes les pensées, les listes de choses à faire et tous les trucs du cerveau de la mère ralentissent suffisamment pour que je puisse être plus présente, plus patiente et plus créative avec mes enfants." Elle juge d'ailleurs le microdosage "peu risqué".

Le journal britannique, lui, rappelle toutefois l'absence d'études scientifiques concluantes à ce sujet. Pour ce qui est des preuves que le cannabis peut nuire à la concentration et perturber certaines fonctions motrices en revanche, elles existent bel et bien.

Ce à quoi Heather McIlvaine-Newsad, professeure d'anthropologie à l'université de l'Illinois de l'Ouest et membre d'un projet de recherche interdisciplinaire sur le cannabis et la culture, réplique : "Il est socialement acceptable pour une mère de dire 'Maman a besoin d'un petit verre de vin', mais il n'est toujours pas acceptable de dire 'Maman a besoin d'une microdose de cannabis'", constate-t-elle auprès de la BBC. Les ravages de l'alcool étant pourtant, eux aussi, extrêmement connus et inquiétants.

En 2021 toutefois, les mentalités semblent changer. "De plus en plus de femmes sortent du placard vert", affirme Simone Brand. Une des raisons évoquées : la façon dont les jeunes générations s'affranchissent du jugement, et font tomber les stigmas autour de la consommation de cannabis. En France en tout cas, elle reste passible d'une amende allant de 150 à 450 euros.