Pourquoi le message de Chris Pratt heureux d'avoir un enfant "en bonne santé" est insultant

Pourquoi le message de Chris Pratt heureux d'avoir un enfant "en bonne santé" est insultant
Pourquoi le message de Chris Pratt heureux d'avoir un enfant "en bonne santé" est insultant
L'acteur Chris Pratt a publié un post en l'honneur de sa femme. Une "déclaration d'amour" qui est loin de faire l'unanimité. En cause : le sexisme et le validisme évidents du texte alors que son fils, Jack, possède des troubles du développement musculaires et oculaires.
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Célébrer sa femme Katherine Shwarzenegger (fille d'Arnold), lui démontrer toute son affection et l'attachement qu'il a pour leur vie et leur famille : voilà certainement l'idée qu'avait Chris Pratt en tapant ces mots sur Instagram. Manque de bol, le résultat n'a rien de touchant et tout de problématique. Ce, sur plusieurs points.

D'abord, l'appréciation générale de son épouse. Pour décrire celle qui partage sa vie, il lâche : "Regardez comment elle me regarde ! (...) Elle m'a donné une vie incroyable (...) Elle m'aide pour tout. En retour, périodiquement, j'ouvre un bocal de cornichons. C'est ça l'échange. Son coeur est pur et il m'appartient."

Une blague qui n'a pas fait rire grand monde, et même réagir de nombreux·se·s internautes qui ont vite fait d'épingler le sexisme d'une telle intervention. "Vous ouvrez un bocal de cornichons ?!? Son coeur vous appartient ?!?", s'insurge une abonnée, ajoutant le hashtag #patriarchalAF, pour "putain de patriarcal".

Une autre s'indigne : "Est-ce que vous venez de décrire votre femme comme une possession ?" Et une troisième de préciser : "c'est cool seulement si toi aussi tu la regardes de la même façon".

A noter qu'aussi incroyable semble-t-elle à ses yeux, il prévoit déjà d'oublier de lui acheter un cadeau d'anniversaire, et ajoute que si c'est le cas, elle n'aura qu'à regarder ce texte à nouveau. Sa fortune s'élève à 60 millions de dollars nets, largement de quoi dépenser quelques billets pour un truc qui lui plaît (autre qu'une photo grandeur nature de lui ou qu'une boîte de cornichons, préfère-t-on préciser).

Mais ce qui a particulièrement choqué la Toile tient en une phrase : "Elle m'a donné une magnifique fille en bonne santé".

Culpabilisation et validisme

Pour rappel, Chris Pratt (au-delà de fréquenter une église fermement anti-LGBT et de suivre un paquet d'élus ultra-conservateurs sur les réseaux sociaux) est aussi père d'un petit garçon de 9 ans, Jack Pratt, qu'il a eu avec l'actrice Anna Farris. Jack est né 9 semaines en avance et a souffert d'une hémorragie cérébrale à la naissance qui a provoqué des troubles et oculaires et musculaires aux deux jambes. Dans cette situation, le commentaire n'a plus rien de joyeux, et encore moins d'innocent, mais tout d'un validisme révoltant.

Sur Twitter, une mère concernée réplique : "J'ai deux enfants. L'un a des besoins particuliers. Si quelqu'un décrivait seulement l'un d'eux comme magnifique et en bonne santé, je péterais les plombs. Anna Farris et son fils méritent mieux que ces coups bas."

Auprès de Slate, la journaliste Melody Schreiber confie sa propre histoire à ce sujet, et ce que Chris Pratt lui inspire : "Mon propre fils est né dix semaines avant terme, a subi une terrifiante opération à coeur ouvert et continue d'être suivi pour des problèmes de santé. J'ai trop appris sur les façons toxiques dont nous récompensons les bébés 'en bonne santé', dont nous félicitons les parents 'qui ont réussi' et dont nous continuons à considérer le handicap et la maladie comme une imperfection et un échec."

Un sentiment que, elle l'affirme, l'acteur connait forcément : il a été impliqué dans nombreuses démarches d'aide et dons aux associations dédiées. "Le commentaire sur le 'bébé en bonne santé' n'est pas seulement une insulte aux bébés qui ont été confrontés à des problèmes de santé et de développement, il impose aux femmes la responsabilité de produire un bébé répondant à des spécifications assez particulières." Une culpabilisation nocive qui s'ajoute à la liste déjà longue qui pèse sur les mères.

Si elle reconnaît qu'espérer un "bébé en bonne santé" et féliciter les parents pour le leur ne part pas d'un mauvais sentiment - c'était son cas avant d'accoucher - elle analyse aujourd'hui : "Oui, les gens devraient fêter leurs bébés. Mais ce que j'aimerais qu'elles et ils comprennent mieux, c'est à quel point les bébés qui ont des besoins supplémentaires méritent eux aussi d'être célébrés." A sérieusement méditer.

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