Zara Larsson envoie valser les codes du style vestimentaire comme ceux de la musique en imposant une DA pour le moins iconoclaste et en même temps, furieusement hypermoderne. Et en interviews encore, elle dit les termes et revendique des convictions très intimes. Et politiques, en phase avec un air du temps qui s'émancipe des archétypes sexistes imposés et de la silenciation.
Zara Larsson n’a juste plus le temps. En interview, elle taille un costard à une violence patriarcale trop banalisée voire normalisée : celle qui sévit dans l’industrie musicale. Industrie musicale qu’elle ne connaît que trop bien puisque la star est une icône pop réjouissante taillant volontiers la bavette avec la géniale Addison Rae ou Billie Eilish, entre deux chorégraphies fantastiques et quelques chamboulements de charts dont elle a le secret.
Comme elles, elle n’hésite jamais à aborder enjeux de santé mentale, rapport compliqué aux fans et à soi, à son corps, misogynie des mecs qui l’assaillent de commentaires sur sa sexualité. Bref, Zara Larsson donc, s’est retrouvée de nouveau abondamment glosée en y allant de sa prise de parole militante, comme le rapporte Mira Magazine dans un post dédié à l'emblème. Qui s'exprime.
En fustigeant de façon vénér’ les musiciens accusés de violences sexuelles.
Zara Larsson dit les termes avec maestria. Dans une interview relayée par Mira Magazine sur Instagram, elle explique que grand nombre de recommandations et de playlists mises en avant sur les plateformes de streaming confrontent les auditrices à de potentiels agresseurs. Des artistes déjà accusés ou qui le seront demain.
Elle dénonce : “Sur les plateformes j’ai viré plein d’artistes de mes recommandations, j’ai bloqué des agresseurs. Il y en a tellement que j'ai viré. Tu entendras jamais de Chris Brown sur mes playlists ! Allez Bye”
Chris Brown, l’un des artistes mis en cause par le vaste mouvement #MeToo et plus encore, celui qui a chamboulé l’industrie musicale. Sans vraiment la chambouler. Marilyn Manson a encore une carrière musicale et poursuit ses performances scéniques par exemple. Cependant, demeure là-dedans le choix de l'auditrice et de l'auditeur, face à ce qu'on lui propose, et ses passions actuelles ou passées, envers un champ musical qui n'exclut jamais les personnalités infréquentables.
Zara Larsson met sur le devant de la scène un sujet sulfureux et vaste au possible, qui ne se résout pas en un tweet véhément : Peut-on encore écouter les artistes accusés de violences sexistes et/ou sexuelles ? Dans la pop comme dans le rock et ailleurs, c’est un sujet qui clive et exacerbe les opinions bien tranchées. Une réflexion plus que nécessaire et qui tend à l'introspection dense.