Un nombre record de femmes racisées candidates au Congrès américain

Cori Bush, candidate démocrate au Congrès américain
Cori Bush, candidate démocrate au Congrès américain
Lutte écologiste, combat pour l'égalité des sexes et des chances, dénonciation des violences policières... Les femmes de couleur n'ont jamais été aussi nombreuses à se présenter au Congrès américain et leurs causes sont multiples. Une (r)évolution notable ?
A lire aussi

C'est une rentrée historique. A moins d'un mois des futures élections présidentielles, le 3 novembre, un nombre record de femmes de couleur se présentent au Congrès en 2020 : 117. Des candidates démocrates, mais aussi républicaines. Parmi elles, 61 femmes noires, 32 femmes latines, six femmes amérindiennes. Et là encore, chacune de ces statistiques précises représente elle-même un record en soi. De façon globale, les femmes représenteraient près de 50% des candidats démocrates cette année.

Cette tendance à la représentation beaucoup plus prononcée se révèle assez paradoxale alors que la présidentielle est placée sous le signe du patriarcat blanc et hétéro, incarné par Donald Trump et Joe Biden, comme le souligne The Guardian (quand bien même Kamala Harris pourrait devenir la première vice-présidente noire de l'Histoire des Etats-Unis). Mais les choses semblent évoluer en dehors de la Maison blanche. Evoluer lentement, peut-être, mais sûrement. Ambitieuses, certaines personnalités dénotent d'ailleurs au sein du paysage national. Par leur parcours, mais aussi par leurs prises de position et leurs convictions intimes.

Des personnalités engagées

Parmi elles ? Cori Bush par exemple. Candidate démocrate et progressiste désirant représenter le 1er district de l'Etat du Missouri, elle se présente comme une militante fustigeant les violences policières qui accablent le pays - et notamment la population afro-américaine. En 2014 déjà, elle dénonçait le meurtre de l'adolescent noir Michael Brown par un policier, à Ferguson.

"Je m'inquiète pour mes enfants. Mon fils a 20 ans, c'est un jeune garçon noir. Je m'inquiète pour [lui], chaque jour", a-t-elle d'ailleurs déclaré au Guardian. Soutenue par le leader démocrate Bernie Sanders, elle défend le droit à une couverture de santé universelle dans un pays où la question suscite dialogues de sourds et impasses récurrentes.

On pourrait encore citer Candace Valenzuela, qui pourrait bien devenir la première candidate latina noire à figurer dans les rangs du Congrès si jamais elle parvenait à renverser son rival républicain en novembre. Ce que souhaite représenter la politicienne progressiste ? Le 24e district du Texas. Elle-même se compte parmi "les femmes de couleur pionnières" qui bousculent la société américaine d'aujourd'hui. La principale lutte de cette démocrate ? L'accès à l'éducation et à l'université pour toutes et tous, en dépit des discriminations et de "l'inégalité des chances". Mais aussi le besoin urgent de "réduire les coûts de santé" en pleine pandémie et d'écouter son électorat : "il est temps que les gens de pouvoir reflètent les communautés qu'ils servent", relate-t-elle en ce sens.

Un dernier nom ? Celui de Marquita Bradshaw est vraiment riche de sens. La candidate afro-américaine, qui avait remporté la primaire démocrate du Sénat américain en août dernier, souhaite représenter l'Etat du Tennessee. Principalement concernée par la crise climatique (elle se dit "environnementaliste"), ce qui n'est pas rien quand le leader du pays est un climato-sceptique décomplexé, Bradshaw énumère ses autres motivations au Guardian : assurer la visibilité des femmes noires sur la scène politique ("Elles sont au coeur du parti démocrate depuis des années", dit-elle), mais aussi dénoncer et lutter contre "le racisme, le classisme et le sexisme" qu'elles subissent.

Bref, l'activiste écologiste soutient autant la prise de conscience écoféministe que les révoltes populaires face au racisme systémique. Elle affirme se battre "pour un bien-être environnemental, éducatif et économique".

Et Marquita Bradshaw de poursuivre : "Aujourd'hui, il est nécessaire que la démographie du Sénat reflète la démographie du pays. C'est la seule façon d'équilibrer les règles du jeu". CQFD ?