Elles marchent seins nus pour dénoncer les brutalités policières contre les femmes noires

Des femmes noires manifestent contre les violences policières à San Francisco.
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Des femmes noires manifestent contre les violences policières à San Francisco.
Alors que les États-Unis sont en pleine lutte contre les violences policières, principalement sur les hommes noirs, les femmes noires se sentent exclues du débat et manifestent pour leur reconnaissance.
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Environ 300 manifestantes se sont rassemblées la semaine dernière à San Francisco pour remplir les rues du quartier financier, bloquant la circulation, pour protester contre les violences policières contre les femmes racisées.

Les cas de violences policières brutales, menant souvent à la mort, ciblant les hommes et femmes noires aux États-Unis continuent de se multiplier et de choquer la nation. Depuis la mort de Michael Brown en août 2014 à Ferguson dans le Missouri, tué par un policier blanc, les manifestations se font de plus en plus nombreuses. Depuis Michael Brown, de nombreux citoyens noirs ont été tués dans des circonstances similaires par des policiers blancs, alors qu'ils étaient - selon des témoins présents et des vidéos filmées aux moments des faits - en train de se rendre ou du moins dans des positions qui n'avaient rien de menaçant. Ils n'étaient pas armés non plus.

Parmi ces victimes se trouvent notamment une femme, Rekia Boyd et une petite fille, Aiyana Stanley-Jones. Rekia Boyd a été tuée par Dante Servin, un policier de Chicago qui était sorti de chez lui pour se plaindre du bruit que faisait la jeune femme avec ses amis à la sortie d'une soirée. Il lui a tiré 5 balles, dont une fatale dans la tête, sous prétexte de s'être senti menacé. Il n'a pas été condamné et toutes les charges contre lui ont été abandonnées. Aiyana Stanley-Jones, 7 ans, a été tuée par une balle dans la tête lors de l'intervention du SWAT dans un appartement de Detroit .

Ces histoires ne sont malheureusement pas rares aux États-Unis. À travers le hashtag #SayHerName, de nombreux Américains et Américaines dénoncent les violences policières visant les femmes noires dont personne ne parle jamais et dont le nom n'est pas prononcé, ni honoré.

Beaucoup de femmes noires sont encore violées, frappées et tuées par des policiers aux États-Unis sans que les coupables ne soient inquiétés ou que des mesures soient prises. Les mentions dans la presse sont rares, les faits ne sont pas toujours relatés, laissant à penser que la vie des femmes afro-américaines semble avoir moins de valeur que celle de n'importe quel autre membre de la population.

Parmi les slogans, en plus du hashtag #SayHerName, on retrouve : "Ils aiment nos corps, mais ils ne nous aiment pas" pour bien insister sur la discrimination dont elles sont victimes - leurs corps sont regardés, désirés, utilisés, mais leur identité et leur vie ne sont que rarement prises en considération. Elles sont rarement inclues dans les débats sur les violences policières, sur les questions de racisme et même de sexisme, passent au second voire troisième plan, et sont facilement oubliées et ignorées.

Environ 300 personnes se sont donc rassemblées à San Francisco pour être vues, entendues, reconnues et réclamer une place au coeur des débats qui les concernent elles aussi. Certaines manifestantes ont fait le choix de venir seins nus pour protester contre l'hypersexualisation des corps des femmes noires et les violences basées sur leur genre. Elles se sont rendues physiquement vulnérable pour lutter contre les injustices qu'elles sont encore trop nombreuses à vivre au quotidien, en espérant pouvoir faire passer le message et étendre les limites des discussions autour des problèmes qui les concernent tout autant que les victimes masculines. En espérant que leurs voix soient entendues.