Melissa Lucio sera-t-elle exécutée après la mort de sa fille ?

Melissa Lucio sera-t-elle exécutée pour la mort de sa fille ? [Illustration : "L'état du Texas contre Melissa"]
Melissa Lucio sera-t-elle exécutée pour la mort de sa fille ? [Illustration : "L'état du Texas contre Melissa"]
Au Texas, Melissa Lucio pourrait être exécutée le 27 avril prochain pour le meurtre de sa fille de deux ans. Mais de nombreuses voix et même un documentaire édifiant dénoncent dans le pays un procès "expéditif". La mobilisation parviendra-t-elle à la sauver du couloir de la mort ?
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Le 27 avril. C'est la date de l'exécution d'une femme hispanique, Melissa Lucio, au Texas. Celle-ci a été reconnue coupable d'avoir tué sa fille de deux ans. Une condamnation retentissante qui a eu lieu en 2008, dans ce que bien des voix désignent depuis des années comme un procès "à charge" et "sans preuve". En 2020, elle faisait même l'objet d'un documentaire, L'État du Texas contre Melissa. Aujourd'hui, cette affaire remise en lumière fait de nouveau grand bruit outre-Atlantique.

C'est en 1997 que Mariah, la fille de Melissa Lucio, avait été retrouvée inconsciente dans son appartement dans le sud-est du Texas, des marques sur le corps. Elle serait tombée d'un escalier quelques jours avant son décès. Rapidement accusée de meurtre, Melissa Lucio a toujours répété son innocence. Et dénoncé notamment un interrogatoire qui aurait duré plus de cinq heures.

"Je n'ai pas cessé de dire que je n'avais pas fait de mal à ma fille. Les policiers étaient grossiers, brutaux. Ils n'arrêtaient pas de me menacer pour que j'avoue quelque chose que j'aurais été incapable de faire à mon enfant", s'est exprimée la principale concernée. L'accusée aurait finalement avoué "avoir fessé et mordu sa fille", développe RFI.

Le procureur aurait directement vu en ces aveux "une confession de meurtre". Au cours du procès qui s'ensuivit, aucun des autres enfants de Melissa Lucio n'aurait été entendu, ni d'expert médical.

Une mobilisation pour sauver Melissa Lucio

Par-delà cet interrogatoire et ces failles, sur lesquels le documentaire L'État du Texas contre Melissa revient, c'est également la position du procureur général du Texas d'alors qui a été fustigé. Ce dernier, Armando Villalobos, menait sa campagne de réélection, et se serait servi de cette condamnation à mort comme d'un "atout" politique fédérant les défenseurs d'une "tolérance zéro" au sein du pays, comme le rapporte le magazine Elle.

Armando Villalobos sera d'ailleurs condamné quelques mois après le jugement de Melissa Lucio à 13 ans de prison pour "corruption". A cela s'ajoute le cas trop éludé de l'époux de Melissa Lucio, qui avait déjà été condamné pour violences conjugales par le passé. Des éléments parmi d'autres (Melissa Lucio aurait également été victime de violences dès son enfance), mis en valeur depuis des décennies par les défenseurs de la condamnée, percevant en cette affaire le symbole d'une lutte contre la peine de mort et la justice "expéditive".

Aujourd'hui, Melissa Lucio reçoit des milliers de lettres de soutien au sein de la prison de Gatesville. Et ce à travers le monde. Elle a été soutenue en France par des personnalités comme Robert Badinter et Christiane Taubira. Aux Etats-Unis, c'est Kim Kardashian qui lui a apporté son soutien, détaille RFI. Selon le média international, si le nouveau procureur en charge de l'affaire de Melissa Lucio attend la prononciation d'un "sursis" de la part de la cour d'appel, c'est le gouverneur du Texas qui aura le dernier mot.