Société
Une femme enceinte tuée par balles, son ex-conjoint interpellé
Publié le 5 août 2019 à 11:57
Elle avait 29 ans et était enceinte de 5 mois. Ce féminicide est le 85e décompté par plusieurs collectifs féministe, depuis le début de l'année.
Une femme enceinte tuée par balle, son ex-conjoint interpellé Une femme enceinte tuée par balle, son ex-conjoint interpellé© Getty Images

Cela s'est passé à Marignane, dans les Bouches-du-Rhône, dimanche 4 août aux alentours de 18h30. A ce moment-là, la jeune femme venait récupérer son fils de 7 ans chez son ex-conjoint. Elle était enceinte de 5 mois de son nouveau compagnon. Elle a été abattue de trois balles, une à la tête et deux dans l'abdomen, alors qu'elle était assise dans sa voiture. Elle mourra des suites de ses blessures, d'après les pompiers. Le suspect principal : son ex-conjoint, qui n'aurait pas supporté qu'elle refasse sa vie, précise L'Obs. Il a été arrêté quelques heures plus tard, vers 22 heures, se rendant à la police alors que les forces de l'ordre l'attendaient devant chez lui. L'homme de 32 ans est depuis en garde à vue.

Ce féminicide intervient deux jours après le meurtre d'une jeune femme par son compagnon à Cayenne. Il s'agit du 85e depuis le début de l'année 2019, selon le groupe Facebook "Féminicides par compagnon ou ex" et le collectif #NousToutes. Un chiffre inadmissible qui ne fait que grossir, et pour lequel certaines affirment que l'Etat français aurait peu de considération.

5 mesures urgentes réclamées au gouvernement

Le 4 juillet, une tribune était publiée dans Le Monde, interpellant le gouvernement et reprochant au président de la République "son silence face aux féminicides". L'article réclamait ainsi 5 actions concrètes de la part de l'exécutif, qui protégeraient davantage les femmes et prendraient réellement en compte ce fléau dont elles sont victimes :

  • Pas de refus de plainte (trop souvent, les femmes ne sont pas écoutées, voire subissent des interrogatoires oppressants lorsqu'elles se rendent au commissariat pour violences conjugales, y lit-on).
  • Fixer des objectifs d'attribution d'ordonnances de protection des femmes menacées et retirer l'autorité parentale des "pères meurtriers" pendant l'instruction.
  • Ouvrir davantage de places d'hébergement dans des centres spécialisés pour les femmes victimes de violences.
  • Les détecter en mettant "en place un plan de détection systématique des violences à l'hôpital", notamment.
  • Et enfin, doubler les subventions des associations.

De son côté, le 6 juillet, le gouvernement a répondu en promettant un "Grenelle des violences conjugales", qui se tiendra le 3 septembre prochain et "réunira les ministres concernés, acteurs de terrain, services publics, associations, familles de victimes", rapporte Libération. La secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a précisé lors d'un entretien avec le JDD qu'il s'agira d'une "mobilisation nationale avec une grande consultation citoyenne et une campagne pour interpeller toute la société". Emmanuel Macron avait quant à lui reconnu dans un message posté sur Facebook que la République n'a "pas su protéger" les victimes de féminicides, et affirmé : "La violence qui vous a coûté la vie nous écoeure, nous révolte".

Lors de la publication de la tribune, on comptait 71 femmes tuées par leur (ex-)conjoint en 2019. Depuis, 14 victimes de plus ont été recensées.

Par Pauline Machado | Journaliste
Pauline s’empare aussi bien de sujets lifestyle, sexo et société, qu’elle remanie et décrypte avec un angle féministe, y injectant le savoir d’expert·e·s et le témoignage de voix concernées. Elle écrit depuis bientôt trois ans pour Terrafemina.
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