Quand partir est une question de survie : la campagne glaçante contre les féminicides

"Partir", un spot poignant sur les violences conjugales.
"Partir", un spot poignant sur les violences conjugales.
Alors que l'année s'achève à peine, le nombre de féminicides croît chaque semaine en France. Une tragédie, et un enjeu national - celui des violences conjugales - illustré par ce spot glaçant de la Fondation des Femmes.
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"Elle, c'est Julie, et elle n'en peut plus. Insultes, humiliations, coups. Il avait juré qu'il ne recommencerait plus. Mais ça a continué...". Cette voix, c'est celle de Muriel Robin. La comédienne narre la scène immédiatement - et tristement - familière qui a lieu sous nos yeux : une femme se retrouve dans sa voiture, la nuit, le visage miné par l'angoisse et la fatigue, ses enfants à l'arrière. L'on comprend que Julie subit les violences quotidiennes de son mari. Ce soir-là, elle hésite à faire démarrer sa voiture pour que son calvaire cesse. C'en est trop.

"Julie est partie", nous affirme la narratrice. Ouf. Mais en fait... fausse alerte. A la dernière minute, Julie rebrousse chemin, sa valise à la main, et regagne l'appartement où son mari l'attend.

"Pour pouvoir partir, il faut avoir quelque part où aller", déplore alors la comédienne. "Partir", c'est justement le nom de cette poignante campagne de sensibilisation aux violences faites aux femmes initiée par la Fondation des femmes. En cette fin d'année, la structure qui gère les fonds récoltés lors des collectes et opère leur redistribution vers les associations, en appelle aux dons pour faciliter l'hébergement, la protection et l'aide de toutes celles qui, chaque soir en France, se retrouvent comme Julie, désemparées.

"Partir est une question de survie"

 

"Partir", un spot poignant de la Fondation des Femmes.

Nulle doute que ce spot aussi court que percutant saura éveiller les consciences. Non sans ironie (le tube romantique "Partir" de Julien Clerc contraste avec la gravité de la situation), ce petit clip rabat bien des clapets en rétorquant aux réflexions les plus primaires (le fameux "elle aurait du partir" censé sermonner les femmes victimes de violences) par les faits, purs et durs. Car, comme bien des victimes anonymes de violences conjugales, Julie rentre chez elle car il n'y a "plus de place dans le centre d'accueil". Or, chaque année, les structures d'hébergement refusent effectivement des milliers d'arrivantes, par manque de moyens, financiers et humains.

Comment agir ? En faisant un un don à la Fondation des Femmes, afin de soutenir les associations qui agissent sur le terrain et assurent la prise en charge des victimes. Chaque donation permet de financer le bon fonctionnement des numéros d'urgence, l'appui juridique des victimes, les activités de reconstruction psychologique et physique de réservées à ces dernières, sans oublier les actions de sensibilisation à l'égalité femmes-hommes auprès des plus jeunes.

"Pour certaines femmes, partir est une question de survie...", nous rappelle encore un communiqué. Oui, la situation et urgente. D'autant plus en cette année 2019. Depuis le mois de janvier, on dénombre pas moins de 140 féminicides, soit 25% de plus qu'en 2018. Et c'est pour cela qu'aujourd'hui, la Fondation des Femmes lance une campagne de mobilisation massive pour réunir 1 million d'euros d'ici la fin de l'année. Tout est d'ailleurs expliqué en détail sur le site de la fondation.

 

- Si vous êtes victime ou témoin de violences conjugales, appelez le 3919. Ce numéro d'écoute national est destiné aux femmes victimes de violences, à leur entourage et aux professionnels concernés. Cet appel est anonyme et gratuit 7 jours sur 7, de 9h à 22h du lundi au vendredi et de 9h à 18h les samedi, dimanche et jours fériés.

- En cas de danger immédiat, appelez la police, la gendarmerie ou les pompiers en composant le 17 ou le 18.