La semaine de 4 jours et la journée de 6 heures bientôt instaurées en Finlande ?

Sanna Marin, plus jeune cheffe du gouvernement au monde.
Sanna Marin, plus jeune cheffe du gouvernement au monde.
Déjà en avance question parité, la Finlande pourrait également nous donner une bonne leçon pour ce qui est du travail et de son organisation. Et - surtout - de la manière dont nous le percevons. Avis aux patronnes et aux patrons.
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C'est une proposition qui éveille notre intérêt. Et qui nous ferait presque rêver. Elle vient de Finlande. Mais si, vous savez, ce pays qui en décembre 2019 élisait sa Première ministre, et par-là même la plus jeune cheffe de gouvernement au monde, Sanna Marin. Tout en se targuant (à raison) de présenter un gouvernement composé en grande majorité de leadeuses féminines - de la ministre des Affaires européennes Tytti Tuppurainen à la ministre des Finances Katri Kulmuni (32 ans seulement).

Et bien, le gouvernement finlandais nous étonne de nouveau avec cette envie de réforme exprimée par Sanna Marin en août dernier (mais massivement relayée ces derniers jours) : instaurer une semaine de travail de quatre jours et des journées de six heures.

Et si un jour de congé supplémentaire était la solution à bien des maux ? L'idée n'est pas neuve. A travers le monde, de plus en plus de voix semblent clamer haut et fort cet argument pour le moins séduisant. Au Japon par exemple, où l'entreprise Microsoft s'est elle aussi essayée à la semaine de quatre jours, augmentant sa productivité de 40 %, excusez du peu. Mais aussi du côté du voisin scandinave, la Suède, où l'"expérience" de la journée de 6 heures a déjà été testée et approuvée par plusieurs structures depuis cinq ans.

Il faut croire que travailler moins, c'est travailler mieux. Et si c'était vrai ?

La recette du bonheur ?

"Je crois que les gens méritent de passer plus de temps avec leur famille et leurs proches, de consacrer plus d'espace à leurs hobbies et d'autres aspects de la vie, comme la culture", déclarait Sanna Marin l'an dernier. Des arguments qui tombent sous le sens. Et semblent porter aux nues la denrée rare de la vie en entreprise : l'épanouissement. A force de burn-out, à l'ère de l'auto-entreprise et du télétravail, peut-être faudrait-il réviser notre manière de penser (et d'organiser) nos tâches ? Et surtout, faire passer le mot aux entreprises et aux employeurs ? "Cela pourrait être la prochaine étape de la vie professionnelle", abonde la Première ministre.

"C'est bien. Cela permettrait aux parents de passer du temps avec leurs enfants et aux adultes de poursuivre leurs loisirs. Avec le rythme actuel de productivité et les progrès technologiques, nous ne devrions pas travailler autant de toute façon", décrypte sur Twitter l'internaute Siddak Ahuja.

Et il n'y a que du côté des réseaux sociaux que cette proposition suscite l'enthousiasme. Pour le Guardian, la semaine de quatre jours pourrait bien être "la recette du bonheur". Et pas simplement parce qu'elle privilégie le bien-être de l'employé. Qui dit "jour de congé en plus" dit aussi "augmentation de la productivité et réduction des émissions de carbone", avance le média. Réduire le temps de travail n'est pas simplement bon pour l'environnement de travail, mais également pour l'environnement naturel.

Ce qu'avait déjà démontré l'exemple de Microsoft au Japon : un jour de moins en entreprise engendre une baisse non négligeable de consommation d'électricité, moins d'imprimantes en surchauffe, une économie des déplacements. Autant de gestes éco-responsables salutaires. Un bilan positif auquel fait écho celui des entreprises britanniques qui ont testé la "recette", de Elektra Lighting à Think Productive. Comme l'avance The Guardian, une étude de la Henley Business School démontre que 77% des travailleurs ont déclaré que la semaine de quatre jours "avait amélioré leur qualité de vie". De quoi corriger un système que beaucoup jugent déshumanisant ?

Seul bémol du côté de la Finlande : la proposition de Sanna Marin date du mois d'août 2019 et... ne figure pas dans le programme de la Première ministre, comme l'indique Franceinfo. Mais si celle-ci n'a jamais reformulé cette proposition aux médias depuis, elle ne l'a pas non plus chassé d'un revers de la main. Et ses mots inspirants ont déjà le mérite de faire cogiter quelques consciences à travers le monde. De là à y voir "la prochaine étape de notre vie professionnelle", il n'y a qu'un pas...