Sans vouloir verser dans le réactionnisme, internet n'a pas que des bons côtés... La preuve avec ce nouveau moteur de recherche, Doppelgänger, anonyme et décentralisé, qui se présente comme une "alternative respectueuse de la vie privée aux solutions traditionnelles". Il offre la promesse un peu borderline de trouver le sosie exact de votre crush sur la plateforme OnlyFans. Et fait déjà polémique.
Concrètement, comme le résume Slate, il s'agit de télécharger une photo de l'objet de nos fantasmes, et le service vous renverra vers des profils de créateurs ressemblants. Une "facilitation", à en croire le discours marketing de l'outil de recherche, dans la mesure où il favorisait la mise en lumière de créateurs plus confidentiels, qui, jusque là, restaient dans l'ombre de la plateforme en n'arrivant pas à mettre en valeur leur contenu, à la différence de créateurs plus connus, qui "mangeaient", en quelque sorte, la visibilité des autres.
"On essaie d'offrir un espace où vous pourriez être découvert par hasard, explique Brenden Tacon, responsable produit chez Presearch. Sur OnlyFans, ça n'arrive pas. Si vous vous démenez sur Instagram ou Reddit, c'est dur de percer", explique ainsi Brenden Tacon, responsable produit chez Presearch.
Sauf que ce service pose évidemment des questions éthiques. Citée par Slate, Lauren Craig Tilton, professeure en humanités numériques à l'université de Richmond (Virginie, États-Unis), pointe en effet certaines possibles dérives. "C'est une chose pour les gens connus, habitués aux imitations et aux deepfakes. Mais pour un citoyen lambda, une gamine ou un proche, c'est flippant."
Sur la Toile, les internautes ne se montrent pas du tout plus enjoués non plus. Et sont du même avis."Je trouve ça absolument révoltant. Le fait que quelqu'un puisse prendre une photo de moi ou de ma nièce de 12 ans en train de nous promener dans un centre commercial ou dans la rue, puis la télécharger sur un site web pour trouver des images pornographiques de personnes qui nous ressemblent, c'est tout simplement dégoûtant", lit-on sur Reddit.
"On veut booster les abonnements des créateurs. On commence par les adultes, mais on vise tous les journalistes, les scribouillards Substack qui galèrent sur Google. On peaufine d'abord avec les créateurs de contenu pour adultes", poursuit quand à lui Brenden Tacon, se défendant de toute mauvaise intention.