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Mannequin pour Gucci, Ayesha Tan-Jones proteste contre ses créations en plein défilé
Publié le 23 septembre 2019 à 18:35
Mannequin pour le défilé printemps-été 2020 signé Gucci, Ayesha Tan-Jones a saisi l'occasion pour s'insurger contre l'inspiration utilisée par la marque, qui selon sa déclaration sur les réseaux sociaux, renvoie directement aux hôpitaux psychiatriques.
En plein défilé, Ayesha Tan-Jones proteste contre l'inspiration "offensive" de Gucci En plein défilé, Ayesha Tan-Jones proteste contre l'inspiration "offensive" de Gucci

Ayesha Tan-Jones faisait partie des dizaines de mannequins et artistes à prendre part au défilé Gucci printemps-été 2020, programmé ce dimanche 22 septembre lors de la Fashion Week de Milan. Au programme, 90 looks ont été présentés à la presse, aux influenceur·ses et aux plus grand·es client·es de la griffe. 90 looks qui se sont succédés sur un tapis roulant, faisant avancer des modèles immobiles sous les yeux attentifs des invité·es. L'audience découvrait alors la nouvelle collection, au sein de laquelle se mêlaient tenues aux teintes vives, jupes transparentes et mélange d'imprimés classiques.

Un succès, dans l'ensemble. Si on oublie la partie extrêmement dérangeante où les créations de la marque semblaient sortir d'un hôpital psychiatrique. Des ensembles "utilitaires" comme les présentaient Gucci, qui avaient davantage des airs de camisoles de force que de vêtements d'infirmier·es. A une époque où les problèmes de santé mentale sont au coeur du débat, où le tabou est de plus en plus pointé du doigt, la référence ne passe pas. Surtout pas pour Ayesha Tan-Jones, qui a décidé de protester silencieusement sur le podium, les mains levées pour laisser voir la phrase inscrite sur ses paumes : "Les problèmes mentaux ne sont pas à la mode".

"Vulgaire, inimaginable et offensant"

"En tant qu'artiste et mannequin qui a vécu mes propres problèmes de santé mentale, et ayant des membres de ma famille et de mes proches qui ont été affectés par la dépression, l'anxiété, la bipolarité et la schizophrénie, il est blessant et insensible pour une grande maison de couture comme Gucci d'utiliser cette imagerie comme un concept pour un moment fugace de mode", peut-on lire sur son compte Instagram.

Et de continuer, rappelant que l'ère à laquelle Gucci fait référence à travers ces designs n'est autre qu'un moment terrible où la torture était utilisée en psychiatrie : "Présenter ces luttes comme des accessoires pour vendre des vêtements est vulgaire, inimaginable et offensant pour les millions de personnes touchées par ces problèmes dans le monde entier." L'artiste qui se déclare non-binaire ajoute également qu'il "est de mauvais goût pour Gucci d'utiliser l'imagerie de vestes et de tenues droites faisant allusion à des malades mentaux, alors qu'elles sont déroulées sur un tapis roulant comme un morceau de viande d'usine".

De son côté, Gucci a simplement posté quelques photos sur les réseaux sociaux, expliquant que ces modèles en particulier ne sont pas destinés à la vente. Et qu'ils ont été imaginés par Alessandro Michele, directeur artistique de la maison, pour "représenter comment à travers la mode, le pouvoir s'exerce sur la vie, pour éliminer l'expression de soi". La publication souligne également que les vêtements inspirés de la camisole de force ne représentaient qu'une partie de sa collection printemps-été 2020, au milieu d'autres tenues colorées conçues comme leur "antidote".

Déjà décriée pour avoir mis en vente un pull à l'allure de blackface en février, rappelle CNN, l'enseigne italienne aurait peut-être intérêt à revoir ses inspirations insultantes.

Par Pauline Machado | Journaliste
Pauline s’empare aussi bien de sujets lifestyle, sexo et société, qu’elle remanie et décrypte avec un angle féministe, y injectant le savoir d’expert·e·s et le témoignage de voix concernées. Elle écrit depuis bientôt trois ans pour Terrafemina.
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