Agressé parce qu'il portait du maquillage, ce jeune Parisien raconte

Un jeune parisien a été agressé parce qu'il portait du maquillage
Un jeune parisien a été agressé parce qu'il portait du maquillage
Adil, 21 ans, a été sauvagement agressé dimanche 14 octobre à Paris, parce qu'il portait du maquillage. Il s'agit de la 5e agression homophobe survenue dans la capitale ces dernières semaines.
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Alors qu'il rentrait chez lui dans le 15e arrondissement de Paris dimanche 14 octobre, Adil, 21 ans, a été victime d'une agression. Les faits se sont déroulés aux alentours de 3 heures du matin. Accompagné de l'un de ses amis, Adil part d'une soirée dans le quartier de Saint-Michel.

Dans le bus de nuit qui le ramène chez lui, un groupe de plusieurs hommes et femmes s'installe près de lui. L'un d'entre eux remarque le maquillage d'Adil et commence à le traiter de "pédé". Adil ne répond rien, mais soutient son regard. Le trajet se poursuit pendant environ 20 minutes.

Les personnes qui accompagnent le persécuteur d'Adil conseillent à ce dernier de descendre du bus une station plus tôt pour éviter que la situation dégénère. Le jeune homme suit ce conseil, mais la personne qui l'a insultée, manifestement saoule, s'empresse de le suivre.

"Et là, il s'est jeté sur moi et m'a fait tomber au sol. Mes lunettes volent. Lui était tellement saoul, qu'il ne s'est même pas relevé. Moi, à ce moment, je me redresse à la recherche de mes lunettes", raconte Adil à FranceInfo.

Malheureusement, les choses ne s'arrêtent pas là. Un ami de l'agresseur descend à son tour du bus et rejoint Adil. Ni une, ni deux, il lui assène un violent coup de poing en plein visage. "Là, je pense qu'il a vu son copain à terre, il s'est directement dirigé vers moi et m'a donné un coup de poing au visage. Plus que choqué, j'étais vraiment énervé. Je ne pensais pas que ce serait si violent et qu'il me toucherait", commente la victime.

Après cet événement traumatisant, Adil se rend dans un commissariat du 15e arrondissement pour porter plainte. "Le policier n'a pas qualifié l'agression d'homophobe, mais d'agression gratuite", déplore le jeune homme.

"Je pensais jamais que je ferais un tweet comme celui là mais ça n'arrive pas qu'aux autres: j'ai été victime d'une agression homophobe hier soir dans le 15e arrondissement de Paris parce que je portais du make-up", explique-t-il dans un post publié sur Twitter dimanche 14 octobre aux alentours de 21 heures.

Commenté plus de 5400 fois, le post Twitter d'Adil a suscité une forte vague d'indignation et de nombreux messages de soutien à l'égard de la victime. "Je vous adresse tout mon soutien dans cette terrible épreuve. La justice doit agir. L'homophobie est un fléau contre lequel il faut continuer à se mobiliser. Tout acte ou expression qui stigmatise les personnes #LGBTIQ la renforce", a écrit l'un d'entre eux.

Interpellée sur le même réseau social par l'association Stop Homophobie, la Maire de Paris Anne Hidalgo a elle aussi témoigné son soutien en publiant un message à l'attention d'Adil (voir ci-dessous).

Multiplication des attaques homophobes

Dans un autre tweet posté le même jour, Anne Hidalgo condamne la recrudescence des agressions homophobes survenues ces dernières semaines dans la capitale. "Cette succession d'agressions à Paris et en France est particulièrement préoccupante et nécessite un sursaut collectif. Heureusement que nous pouvons compter sur des associations comme la vôtre. Vous avez tout mon soutien dans ce combat contre l'homophobie", écrit la Maire de Paris en s'adressant à l'association Stop Homophobie.

Mardi 9 octobre, un couple d'hommes a été agressé physiquement par deux hommes dans le 19e arrondissement, après avoir échangé un baiser. La veille, un couple de femmes a été pris pour cible Place de la République, dans le centre de Paris. Comme le relate 20 Minutes, les deux femmes se sont fait insulter par un homme et l'une d'entre elles a été frappée au niveau de la mâchoire.

En septembre dernier, les locaux parisiens qui abritent la rédaction de Garçon Magazine ont été vandalisés. Les murs extérieurs du bâtiment étaient tagués d'insultes homophobes. "Nous avons découvert avec stupeur l'entrée de nos bureaux saccagée, pillée et taguée : "sale PD", a alerté le magazine gay dans une publication sur son compte Twitter.

"Nous avons beau être en 2018 et à Paris, l'homophobie est toujours bien présente, nous devons plus que tout être solidaire et dénoncer ces actes au quotidien", conclut le tweet.