Jameela Jamil : "Les soeurs Kardashian sont les agents doubles du patriarcat"

Jameela Jamil sur Channel 4
Jameela Jamil sur Channel 4
Dans cette photo : Kim Kardashian
L'actrice et animatrice radio Jameela Jamil a eu des mots très forts contre les soeurs Kardashian lors d'une émission de radio diffusée par Channel 4. Elle leur reproche d'être inconscientes dans leur manière de s'adresser à leurs abonnées.
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Jameela Jamil ne décolère pas contre les soeurs Kardashian. Celle qui est à l'origine du mouvement #IWeight et qui mettait en avant les qualité des femmes, avait déjà critiqué Kim Kardashian pour avoir fait la promotion d'une sucette coupe-faim sur son compte Instagram.


La star britannique de la série The Good Place était l'invitée d'une émission podcastée sur Channel 4, Ways to Change the World ("Les manières de changer le monde") le 29 août dernier. Elle en a profité pour revenir sur l'affaire de la sucette et a critiqué le message "toxique et préjudiciable " que les soeurs Kardashian partagent à leur millions d'abonné·e·s.

A elle seule, Kim Kardashian a une énorme influence sur les réseaux sociaux, son Instagram comptant à ce jour 117 millions d'abonnées, et son Twitter presque 60 millions. Alors Jameela Jamil compte bien s'attaquer aux messages qu'elle et ses soeurs Kylie, Kourtney, Khloe ou Kendall véhiculent : "J'ai eu des altercations avec les Kardashians, et je pense que lorsque quelqu'un fait quelque chose de toxique et de nuisible pour les gens... Elles ont une énorme plate-forme et elles parlent à beaucoup de personnes. Cette personne dit quelque chose de dangereux, je pense que nous devrions tous pouvoir en parler"

Jameela Jamil sur Channel 4
Dans cette vidéo : Kim Kardashian

Jameela Jamil sait de quoi elle parle puisqu'elle a souffert d'anorexie durant son adolescence. Elle explique dans l'émission : "J'ai été bombardée par un discours qui n'avait pas d'alternative. Il n'y avait jamais de femmes célébrées pour leur intellect... et tous mes magazines me vendaient des produits de régime, me disant d'être maigre. Sinon, je ne valais rien."

L'actrice a des mots très durs contre Kim Kardashian et ses soeurs : "L'agent double du patriarcat n'est en fait qu'une femme qui, peut-être sans le savoir, continue à mettre le récit patriarcal sur la place publique, à en profiter, à en faire des bénéfices et à vendre un récit patriarcal aux autres femmes".


Jamella Jamil qualifie Kim Kardashian de "loup vêtu d'une peau de mouton" et ajoute : "Parce que vous ressemblez à une femme, nous vous faisons confiance, nous pensons que vous êtes de notre côté, mais vous nous vendez quelque chose qui ne nous fait pas vraiment nous sentir bien. Vous nous vendez un idéal, une forme corporelle, un problème de rides, un problème de vieillissement, un problème de gravité, un problème de graisse corporelle."

La star de 32 ans s'adresse directement aux soeurs, qu'elles considèrent également comme des "victimes" : "Vous nous vendez la conscience de soi, le même poison qui vous a clairement fait développer une sorte de dysmorphie corporelle ou de dysmorphie faciale que vous êtes en train de réinjecter dans le monde. Vous recyclez la haine en quelque sorte."

Le présentateur Krishnan Guru-Murthy lui demande alors si elle pense que l'argent peut inciter des personnes comme les Kardashian à relayer de tels messages : "Je ne pense plus que ce soit une excuse acceptable. De combien d'argent avez-vous besoin ? Vraiment, de combien d'argent avez-vous besoin ? Combien d'argent pour ces personnes d'influence énorme qui valent des millions ou des milliards parfois ? Pourquoi continuent-elles à promouvoir les sucettes coupe-faim auprès des jeunes filles ?"

Dans ce même podcast, elle s'est aussi attaquée au milieu du divertissement dominé par le patriarcat. Elle en veut également aux éditeurs de presse d'avoir blanchi sa peau ou retouché son nez sur des photos pour qu'elle ait l'air plus "occidentale" : "Cela me blesse, d'un point de vue culturel... Changer mon ethnicité, c'est aussi mauvais pour ma santé mentale. C'est un message que me lance les éditeurs et ceux et celles qui photoshoppent mes photos, à moi, que ne suis pas assez bien pour eux et elles".