Les femmes enfin autorisées à surfer une vague "trop dangereuse" pour elles ?

La surfeuse Frankie Harrer
La surfeuse Frankie Harrer
La vague de Teahupoo est aussi mythique que périlleuse. Si l'on en croit la décision du comité, ce "monstre" figurera au sein des épreuves de surf des Jeux Olympiques de 2024. Et il se pourrait bien que ce soient les femmes qui la bravent.
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On la dit légendaire et périlleuse, si ce n'est extrêmement dangereuse. C'est bel et bien la vague de Teahupoo de Tahiti qui figurera au centre des épreuves de surf de la future édition des Jeux Olympiques de Paris, organisée en 2024. Le choix de ce "spot" polynésien légendaire n'a rien d'anodin de la part du comité d'organisation. Il est même historique. Et pas simplement pour la hauteur de cette vague, que l'on estime considérable.

Non, "historique", cette décision l'est puisqu'elle concerne le circuit professionnel féminin. Cela faisait effectivement treize ans que la vague de Teahupoo avait été retirée dudit circuit. Pourquoi ? Car le comité d'organisation la jugeait trop dangereuse pour les femmes. Ce qui n'a pas empêché certaines sportives intrépides de la braver malgré tout...

Une vague légendaire

Bannie, cette épreuve l'avait été du circuit féminin - par les organisateurs - sans jamais que ces derniers ne daignent recueillir l'avis des principales concernées, comme l'indique l'AFP. Cette idée d'une vague praticable par les hommes mais pas par les femmes n'a cessé d'indigner depuis.

Ces dernières années, des championnes du monde comme Carissa Moor se sont volontiers confrontées au "monstre" tahitien afin de transgresser cet absurde règlement olympique. "Monstre", la vague de Teahupoo l'est de par ses quelques cinq mètres de hauteur, autour desquels devraient donc avoir lieu les épreuves femmes et hommes de shortboard - un type de planche de surf - disputées par pas moins de 48 sportifs de haut niveau.

Il y a trois ans de cela déjà, la jeune (et inspirante) Frankie Harrer, surfeuse de seulement 18 ans, investissait elle aussi Teahupoo. Histoire de prouver que, oui, les femmes peuvent le faire aussi. C'est d'ailleurs ce sur quoi insiste la surfeuse professionnelle américano-brésilienne Tatiana Weston-Webb. Du côté de Stab Magazine, l'athlète l'affirme : "Les femmes sont vraiment capables de surfer sur des vagues comme ça". Selon elle, il serait très stimulant, pour les grandes surfeuses de demain, de savoir dès aujourd'hui qu'elles peuvent affronter des vagues "plus lourdes".

Une réflexion d'autant plus pertinente que, comme l'évoque la sportive, les garçons eux aussi n'ont jamais été à l'abri des accidents voire "des blessures graves" après avoir surfé la vague. Une opinion largement approuvée par la surfeuse tahitienne - et championne du monde junior - Vahine Fierro. "Mettre les femmes à Teahupoo, c'est une bonne chose. Cela va prouver que nous avons le niveau pour surfer cette vague", a commenté la sportive.

Interrogé par l'AFP, le président de la fédération tahitienne de surf, Lionel Teihotu, salue également ce choix. Il y voit une évolution nécessaire, mais aussi une manière salutaire de "redonner ses titres de noblesse à la Polynésie, où le surf a débuté". De quoi boucler la boucle. Et avec équité, s'il vous plaît. Cependant, cette décision du comité d'organisation attend toujours la validation de la Commission Exécutive du comité international olympique. Confirmation le 8 janvier prochain donc.