Politique
"Le pouvoir aujourd'hui, c'est de la virilité toxique", dénonce Cécile Duflot qui exige de "féminiser" la politique en France
Publié le 27 mai 2025 à 13:00
Cécile Duflot ne mâche guère ses mots sur les ondes de France Culture. La femme engagée qui n'a que trop connu la classe politique dénonce le virilisme qui y règne...
"Le pouvoir aujourd'hui, c'est de la virilité toxique", dénonce Cécile Duflot qui exige de "féminiser" la politique en France Cécile Duflot ne mâche guère ses mots sur les ondes de France Culture. La femme engagée qui n'a que trop connue la classe politique dénonce le virilisme qui y règne... "On a attribué au pouvoir politique les formes de la virilité : grosse voix, force physique, aspect imposant... On est quasiment dans la sur-virilité d'ailleurs. Et ces caractéristiques jugées comme très masculines, on a fait en sorte de les normaliser, en considérant que la politique ne pouvait être incarnée que par des hommes... Ce qui fait que des femmes témoignent des mêmes critères" "On a rendu le pouvoir prisonnier d'une forme de virilisme toxique", dénonce Cécile Duflot, directrice d'Oxfam. La femme d'engagements plaide donc "pour une féminisation du pouvoir afin de repenser en profondeur la manière de gouverner", tel que l'énonce France Culture. Un pouvoir qui se féminise, c'est aussi un pouvoir qui raisonne davantage en terme d'empathie. Cela rejoint l'idée "d'éthique du care" : de valorisation du soin, de l'attention accordée à l'autre, de la vulnérabilité, masculine et féminine. Une éthique qui tient à coeur de nombreuses militantes féministes, voyant là une forme nécessaire d'engagement C'est le cas de Lauren Bastide, qui énonce à Terrafemina : "Oui, la pensée du "care" est éminemment féministe, elle désigne le soin, la sollicitude, l'attention qu'on donne aux autres, des travaux principalement déléguées aux femmes au sein des familles, et d'un point de vue macroéconomique, aux femmes issues de l'immigration..".

Une marche de nuit du 8 mars 2020 lors de la journée internationale des droits des femmes à Bordeaux.
Voir les 6 photos

Politique, patriarcal ?

C'est une évidence qui se limite guère aux sonorités. Oui, le pouvoir politique est un jeu genré, de compétition, de coqs qui bombent le torse, d'harangues  agressives, à celui qui criera le plus fort. Là dedans, tact et empathie sont volontiers ignorés car insuffisamment susceptibles de générer des "punchlines" éclatantes. 

Voilà ce que dénonce avec éloquence Cécile Duflot sur les ondes de France Culture. L'espace d'un discours éclairé et acerbe où l'ex élue et femme de convictions, ouvertement féministe, exige et milite en l'honneur d'une "féminisation" de la classe politique en France... Et si on écoutait son manifeste ?

"Le pouvoir politique c'est du virilisme toxique", dénonce cette femme de convictions qui milite pour une "féminisation" de la politique

"On a rendu le pouvoir prisonnier d'une forme de virilisme toxique", fustige Cécile Duflot, directrice générale d'Oxfam France. Avant d'étayer plus encore son discours, qui s'attaque directement aux stéréotypes de genre. Et à ce que la philosophe féministe Olivia Gazalé intitule : le mythe de la virilité. Une construction culturelle et sociale, rien de plus.

On écoute Cécile Duflot : 

"On a attribué au pouvoir politique les formes stéréotypées de la virilité : la grosse voix, la force physique, l'aspect imposant... On est quasiment dans la sur-virilité d'ailleurs. Et ces caractéristiques jugées comme très masculines, on a fait en sorte de les normaliser au sein de la classe des dirigeants, en considérant que la politique ne pouvait être incarnée que par des hommes, logiquement... Ce qui fait donc que des femmes témoignent des mêmes critères"

Illustration de Margaret Thatcher en avant. Eloquent.

La femme d'engagements plaide donc finalement "pour une féminisation du pouvoir afin de repenser en profondeur la manière de gouverner", tel que l'énonce France Culture. Cécile Duflot le défend ainsi : "C'est une question légitime car les femmes représentant la moitié de la planète". Hommes et femmes sont tous deux concernés par cet enjeu révolutionnaire.

Un pouvoir qui se féminise, c'est aussi un pouvoir qui raisonne davantage en terme d'empathie. Cela rejoint l'idée "d'éthique du care" : de valorisation du soin, de l'attention accordée à l'autre, de la vulnérabilité, masculine et féminine, laquelle s'avère nécessaire lors des crises, sociales, sanitaires.... Une éthique qui tient à coeur de nombreuses militantes féministes, voyant là une forme nécessaire d'engagement

C'est le cas de Lauren Bastide, qui énonce à Terrafemina une réflexion en forme de manifeste : "Oui, la pensée du "care" est éminemment féministe, elle désigne le soin, la sollicitude, l'attention qu'on donne aux autres, des travaux principalement déléguées aux femmes au sein des familles, et d'un point de vue macroéconomique, aux femmes issues de l'immigration..".

"C'est un enjeu très politique, comme on a pu le voir clairement lors de la crise du Covid. Les personnes en position de pouvoir bénéficient de ce soin, plus que toute autre, qui émane de personnes marginalisées, dévalorisées au sein de notre société. Le "care" n'est pas un instinct naturel pour les femmes, c'est une question qui a été trop dépolitisée".

"On va cacher les personnes les plus vulnérables de notre société, les silencier, les invisibiliser. Les personnes qui sont en situation de puissance sont elles-mêmes en négation permanente de leur vulnérabilité. Alors que c'est dans la vulnérabilité qu'on peut trouver le soin, exprimer ses blessures, que l'on peut réparer.

Si cela n'a pas lieu, le monde court à sa perte.".

A l'unisson la politologue Marie-Cécile Naves décrypte du côté de Terrafemina : "l'éthique du "care", c'est-à-dire du soin, de la bienveillance et de l'empathie envers autrui, s'envisage dans des gouvernements où l'on est plus habitué à écouter les femmes... cette éthique doit être prise au sérieux en terme de rhétorique, à l'opposé d'une parole politique qui serait sceptique et guerrière"

"Certaines dirigeantes en témoignent. Leur sensibilité n'est pas du domaine de "l'intuition féminine" mais de l'expérience - genrée, basée sur l'observation, le regard sur le monde, une solidarité moins visible chez beaucoup de leaders masculins"

Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
Mots clés
Politique News essentielles Femmes engagées
Sur le même thème
Accusé de viols, Cauet porte plainte et dénonce les "fantasmes sexuels" de l'une de ses accusatrices, les féministes scandalisées
#MeToo
Accusé de viols, Cauet porte plainte et dénonce les "fantasmes sexuels" de l'une de ses accusatrices, les féministes scandalisées
18 novembre 2025
"Je connais le prix d'une teub" : cette humoriste féministe dénonce un vrai enjeu de société et c'est réjouissant
Société
"Je connais le prix d'une teub" : cette humoriste féministe dénonce un vrai enjeu de société et c'est réjouissant
18 décembre 2025
Les articles similaires
"Vulgaire", "Elle compte allaiter les pilotes ?" : Beyoncé se fait violemment clasher pour son look décolleté jugé "inapproprié" au GP de F1 de Las Vegas
people
"Vulgaire", "Elle compte allaiter les pilotes ?" : Beyoncé se fait violemment clasher pour son look décolleté jugé "inapproprié" au GP de F1 de Las Vegas
23 novembre 2025
“Un corps de rêve”, "La perfection" : Sydney Sweeney en string-bikini, Instagram s'enflamme
News essentielles
“Un corps de rêve”, "La perfection" : Sydney Sweeney en string-bikini, Instagram s'enflamme
29 novembre 2025
Dernières actualités
Nicole Kidman en lingerie à bientôt 60 ans, le sex symbol Jamie Lee Curtis applaudit “son audace”
cinéma
Nicole Kidman en lingerie à bientôt 60 ans, le sex symbol Jamie Lee Curtis applaudit “son audace”
12 mars 2026
Amanda Seyfried méritait l’Oscar avec ce film événement à découvrir en salles : on a vécu l'expérience pour vous
cinéma
Amanda Seyfried méritait l’Oscar avec ce film événement à découvrir en salles : on a vécu l'expérience pour vous
12 mars 2026
Dernières news