Une pub Samsung avec une drag-queen fait scandale à Singapour

Une pub avec une drag-queen fait scandale à Singapour
Une pub avec une drag-queen fait scandale à Singapour
Un clip signé Samsung montrait une mère portant le voile prendre dans ses bras son fils habillé en drag-queen. Des images qui ont particulièrement choqué la communauté musulmane de l'île, et poussé le géant coréen à la retirer.
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La séquence faisait partie de la campagne "Écoutez votre coeur", lancée par Samsung autour de ses objets connectés. Des écouteurs, des montres intelligentes, des tablettes qui révèlent entre autres la fréquence cardiaque. On y voit plusieurs personnes assises tour à tour sur un canapé, concentrées sur la lecture des lettres de proches qui les remercient d'être là pour eux pendant que leur coeur s'emballe. Un père à sa fille, un homme à sa conjointe et un fils à sa mère.

Ce dernier écrit : "Chère mère, peu de gens auront une mère aussi compréhensive et ouverte d'esprit que toi et mon coeur ne peut pas te remercier assez. Tu n'es pas gênée par le fait que les gens te regardent ou te jugent différemment, et d'avoir un fils qui performe comme drag-queen".

A la fin de sa déclaration, il la rejoint. Celle-ci, qui porte le voile, l'enlace alors chaleureusement. Une embrassade qui a fait bondir de nombreuses voix conservatrices, dans un pays où les droits de la communauté LGBTQIA+ restent un sujet sensible, note l'AFP. "Une loi interdisant les rapports sexuels entre hommes datant de l'époque coloniale britannique y est toujours en vigueur", rappelle l'agence de presse.

La protestation dénonce la "promotion de l'idéologie LGBT"

En ligne, les critiques ont été vives. Le groupe We Are Against Pinkdot, mobilisé contre les droits des homosexuels, taxe même le clip de "tentative malheureuse de promouvoir l'idéologie LGBT au sein d'une communauté musulmane largement conservatrice". Pour ce collectif, il est même dangereux de normaliser l'homosexualité et le "mouvement transgenre" dans l'île.

Des positions particulièrement violentes qui ont poussé Samsung à reculer, le géant coréen ayant depuis annoncé retirer la pub de toutes les plateformes. Son argument : elle "pouvait être perçue comme irrespectueuse et offensante". Et d'ajouter : "Nous reconnaissons avoir fait une erreur".

Pour les militant·es anti-LGBTphobie en revanche, l'erreur n'est autre que celle d'avoir cédé à la pression rétrograde de We Are Against Pinkdot. Le principal groupe de soutien aux droits des homosexuels, Pinkdot, a d'ailleurs lâché en direction des personnes qui auraient été "offensées". "On ne comprend pas trop par quoi ces gens ont été offensés - le fait qu'il y a des personnes LGBTQ+ à Singapour ou le fait que nous méritons des relations aimantes, ou les deux".

Une chose est sûre, les propos discriminatoires de We Are Against Pinkdot semblent nettement moins faire scandale que quelques secondes d'amour maternelle pour un homme qui vit sa vie telle qu'il l'entend.