La suppression des gros plans sexistes sur les fesses d'une héroïne de jeu vidéo divise

Les fesses du personnage de Miranda dans "Mass Effect", symbole d'une "femme forte", vraiment ?
Les fesses du personnage de Miranda dans "Mass Effect", symbole d'une "femme forte", vraiment ?
Des plans de caméra bien gênants de la saga vidéoludique culte "Mass Effect" seront supprimés dans l'édition spéciale de ce best-seller. Et notamment, des gros plans sur les fesses du personnage de Miranda. Un bad buzz qui fait réagir sur les réseaux sociaux.
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Ce ne sont pas les fesses qui font l'héroïne. Joueurs et joueuses attirés par la compilation des jeux Mass Effect - best-sellers du jeu vidéo - sobrement intitulée Mass Effect Legendary Edition devront s'attendre à des modifs. Notamment ? Certains plans sur les fesses du personnage de Miranda Lawson, issus du second volet de la saga, ont été supprimés, nous apprend le site spécialisé Otaku Game. Et par "plans", il faut comprendre, "gros plans".

Pas une terrible perte pourrait-on dire. Mais tout le monde ne semble pas de cet avis. Sur Twitter, le vidéaste Regelegorila fustige auprès de ses 15 000 followers ce choix de l'éditeur BioWare, et crie déjà à la censure. "Dans le jeu, c'est littéralement une femme fatale et ces plans aident le développement du personnage", argumente-t-il.

Ce concept de "femme fatale" illustré par le postérieur avait déjà été employé par le directeur et développeur de jeux vidéo Casey Hudson il y a onze ans de cela, lors de la sortie dudit Mass Effect 2.

A l'inverse, le site Gamer Gen voit là une volonté évidente - et plutôt salutaire - de "corriger une mise en scène à la limite du vulgaire, autrement dit des gros plans très sexistes". Et le média spécialisé d'insister sur ce point : "Filmer le postérieur de Miranda en gros plan n'a aucune justification, si ce n'est de la sexualiser".

Un plan qui agite la Toile

Sur les réseaux, nombreuses sont les voix à valider cette décision, rappelant l'existence des "vraies" femmes fatales, celles des films noirs hollywoodiens des années 30 ou 50. Des personnages charismatiques dont les histoires, fortes, n'avaient guère besoin de gros plans sur des fessiers. Une piqûre de rappel assurée par Demoiselle d'Horreur, vidéaste spécialisée dans le cinéma de genre.

"Puisque c'est le non-débat du jour, petit rappel qu'un personnage de femme fatale ne se construit pas à coups de gros plans sur ses fesses. Le problème, c'est que les développeurs trouveront toujours de 'bonnes' raisons pour justifier la chosification des femmes, si bien qu'en définitive on se retrouve quand même noyés sous ces images quand même, avec simplement une excuse pour se dédouaner de notre voyeurisme", nous explique l'experte en pop-culture.

Une opinion saluée par plus d'un millier d'internautes.

 

"Je suis plutôt contre la modification des oeuvres a posteriori mais pour la suite il faut arrêter de nous sur-abreuver de ce genre de mise en scène avec des justifications douteuses", achève enfin la vidéaste. Des mots qui pourraient susciter l'adhésion des créateurs eux-mêmes. Car comme nous l'apprend Gamer Gen, le designer Devon Smith, qui a travaillé sur Mass Effect 2, l'admet lui aussi aujourd'hui : "Les plans retirés étaient déjà stupides à l'époque".

Pas de quoi crier au scandale du siècle alors.

Mais de quoi faire cogiter les internautes, ça oui. Alors que certains théorisent la notion si glosée de "femme fatale", d'autres parodient volontiers l'exploitation de cet argument à des fins commerciales et voyeuristes. "Character development : Mario est une femme fatale !", s'amuse ainsi une twitta, images du postérieur du célèbre plombier de Nintendo à l'appui. Mieux vaut en rire, comme on dit.