Melania Trump, l'arme secrète de Donald Trump pour la présidentielle

Melania Trump à la convention républicaine de Cleveland le 18 juillet 2016
Melania Trump à la convention républicaine de Cleveland le 18 juillet 2016
À 46 ans, Melania Trump pourrait bien devenir la prochaine First Lady si son mari Donald Trump est élu Président des États-Unis en novembre prochain. Présentée un peu trop vite comme l'atout charme du candidat républicain, elle est surtout celle qui pourrait l'aider à faire son entrée à la Maison Blanche. Portrait.
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Son succès à la convention nationale républicaine de Cleveland lundi 18 juillet, c'est à elle que Donald Trump le doit. Alors qu'il ne s'est exprimé à la tribune que quelques minutes, le multimilliardaire candidat à l'élection présidentielle a rapidement laissé sa place à son épouse Melania Trump. Calme et posée, vêtue d'un élégant tailleur blanc, la femme du mania de l'immobilier a livré un discours aux antipodes de ceux généralement tenus par Donald Trump, réputé pour sa verve hargneuse et sa propension à insulter ses adversaires.

En un quart d'heure, l'objectif était atteint : Melania Trump a rendu Donald Trump "présidentiable". Présenté tour à tour comme un mari exemplaire, un père modèle et un patriote aimant profondément son pays, Melania Trump a réussi à adoucir l'image du candidat républicain, jusqu'ici abonné aux controverses et dont l'image ne cadrait pas vraiment avec celle que l'on attend de l'homme le plus puissant du monde occidental.

Melania et Donald Trump à la convention républicaine de Cleveland
Melania et Donald Trump à la convention républicaine de Cleveland

"Il est dur quand il doit l'être, mais il est aussi gentil, et juste, et attentionné", a déclaré Melania Trump dans son discours largement inspiré par celui tenu par Michelle Obama en 2008. "Il n'abandonnera jamais et, plus important, il ne vous laissera jamais tomber. Il a toujours été un incroyable leader", a ajouté l'ex-mannequin, avant d'affirmer que Donald Trump souhaitait plus que tout "la prospérité pour tous les Américains", qu'ils soient "chrétiens, juifs et musulmans. Cela inclut les hispaniques, les Afro-Américains et les Asiatiques, ainsi que les pauvres et la classe moyenne".

Si le discours consensuel de Melania Trump n'a pas empêché les anti-Trump de perturber la convention, il a tout de même réussi quelque chose que le candidat n'était jusqu'ici pas parvenu à faire : arrondir les angles pour fédérer le plus grand nombre d'électeurs et surtout faire oublier ses sorties misogynes envers sa concurrente démocrate Hillary Clinton.

De la Slovénie aux défilés new-yorkais

Melania Trump au premier rang du défilé de Jean-Paul Gaultier printemps/été 2005
Melania Trump au premier rang du défilé de Jean-Paul Gaultier printemps/été 2005

Et c'est sans doute là le rôle qu'aura à jouer Melania Trump jusqu'aux élections : celui de conciliatrice avec le peuple américain dans un contexte social compliqué où les tensions raciales sont exacerbées.

Pourtant, rien ne la prédestinait à devenir peut-être un jour Première dame des Etats-Unis. Née en 1970 d'un père concessionnaire auto et d'une mère styliste en Slovénie (alors membre de la Yougoslavie), Melanija Knavs grandit dans un milieu modeste et débute une carrière de mannequin à 16 ans. Repérée à Milan par une agence de mannequinat lorsqu'elle a 18 ans, Melania poursuit en parallèle ses études. Polyglotte (elle parle couramment le slovène, l'anglais, le français, le serbe et l'allemand), elle est diplômée en architecture et design à l'Université de Ljubljana en Slovénie avant de s'envoler pour New York où sa carrière s'envole. Muse des photographes Helmut Newton, Patrick Demarchelier et Mario Testino, elle fait la Une de Vogue, d'ELLE et de Sports Illustrated.

En 1998, elle fait la connaissance de Donald Trump, alors deux fois divorcé, à la Fashion Week de New York. Elle l'épouse en janvier 2005 à Palm Beach en Floride, dans une robe Dior estimée à 200 000 dollars et en présence notamment de Bill et Hillary Clinton. Elle demande la naturalisation américaine un an plus tard.

Plus "mamie Eisenhower" que Jackie Kennedy

Melania et Donald Trump au dîner annuel d'Operation Smile, à New York
Melania et Donald Trump au dîner annuel d'Operation Smile, à New York

Très intelligente – Donald Trump la qualifie de "génie" - et toujours glamour, Melania Trump a mené jusqu'ici une vie de socialite new-yorkaise à mille lieux des arcanes du pouvoir. Préférant les tapis rouges des soirées mondaines aux meetings électoraux, elle n'a jamais partagé les ambitions politiques de son mari. En 1999, quand le New York Times lui avait demandé quelle genre de Première dame elle ferait, elle avait répondu : "Je serais très traditionnelle. Comme Betty Ford ou Jackie Kennedy. Je le soutiendrais."

Pourtant, la comparaison avec l'iconique Première dame des Sixties s'arrête là. Contrairement à Jackie Kennedy, très à l'aise dans son rôle de First Lady, Melania a jusqu'ici préféré rester en retrait de l'attention médiatique portée à son époux. "J'ai choisi de ne pas parler publiquement de politique parce que c'est le travail de mon mari", a-t-elle déclaré aux journalistes, affirmant néanmoins être "ouverte aux discussions politiques dans le privé".

Une allégation à prendre avec des pincettes, si l'on en croit un proche du couple Trump, qui a confié au Telegraph : "Bien que Melania ait souvent été comparée à Carla [Sarkozy] en raison de leur passé de mannequin, elle est loin d'être aussi culturellement informée ou intéressée par la politique que l'ex-Première dame française, et a zéro aspiration politique. Il n'y a aucun danger qu'elle fasse comme Hillary en essayant d'obtenir un laisser-passer dans l'aile Ouest."

Un point de vue que partage Kate Andersen Brower, auteure du best-seller First Women. The Grace and Power of America's Modern First Ladies. "Jackie était en fait intimement au courant de ce qui se passait dans l'administration de son mari, et pendant la crise des missiles cubains, elle l'a souvent conseillé. Alors que Melania me rappelle davantage Mamie Eisenhower, qui incarnait ce que cela signifiait d'être une femme au foyer des années 1950.

"Et je pense qu'il est intéressant de noter que même si Melania a posé nue sur un tapis en peau d'ours (pour la couverture de GQ UK en 2000, ndlr), elle nous ramène à une époque antérieure, lorsque les Premières dames concentraient la quasi-totalité de leur temps au bonheur de leur mari", ajoute la biographe.

Une mission de représentation à la Kate Middleton dont s'acquittera probablement très bien Melania Trump si son mari remporte l'élection présidentielle. Interrogée en mars dernier sur ce qu'elle ferait si Donald Trump accède à la Maison Blanche, elle avait répondu : "Nous sommes au XXIe siècle. Je serai moi, je serai différente des autres Premières dames. J'aiderai les femmes, j'aiderai les enfants, ils sont l'avenir."