Le "microcheating" est la nouvelle lubie relationnelle qui rend fou

"Her" de Spike Jonze
"Her" de Spike Jonze
Vous avez certainement entendu parler du ghosting, du haunting, du breadcrumbing... Mais connaissez-vous le "microcheating" ? Comme ses consoeurs, la pratique de la "micro-tromperie" en dit long sur les relations à l'ère digitale. Voici pourquoi.
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C'est un autre terme un brin barbare qui vient s'ajouter au lexique bien étoffé de la confusion des sentiments made in l'ère numérique. Après le ghosting (il ou elle ne répond plus à vos SMS et autres DMs), le breadcrumbing (il ou elle vous envoie des textos évasifs et sporadiques) ou encore le haunting (il ou elle est votre ex, et, par like interposés et ciblés, refuse de quitter votre vie), veuillez accueillir comme il se doit le "microcheating". Une "tendance" à la fois simple et complexe.

"Micro-cheating", soit micro-tromper. Tout est dans l'intitulé. Cela consiste, comme le définit le média britannique The Sun, à micro-trahir votre partenaire de façon plus ou moins (in)consciente. Par exemple ? Par des actes "modestes" comme liker le post d'Instagram d'une personne, glisser dans ses DMs, nourrir un flirt discret par publications et emojis interposés. Le "micro-cheating", ce sont des marques d'attachement numériques qui n'ont l'air de rien mais qui, de loin, suggèrent une forme de simili-drague virtuelle. C'est la tromperie de l'ère Twitter : des signes d'affection tout ce qu'il y a de plus implicites, mais qui n'échappent à votre idylle...

"C'est une pente glissante"

Deux-trois pouces en l'air par-ci, quelques smileys bien placés par-là, "ce n'est rien" - comme chantait Julien Clerc. Pas si sûr. "Cela peut commencer par un peu de flirt en ligne, et les conséquences de ces situations peuvent être aussi dévastatrices qu'une affaire physique. Quelques like sur Instagram ne peuvent pas être mauvais, mais vous devez avoir conscience de l'intention qui les sous-tend", nous alerte l'experte en relations amoureuses Rachael Lloyd. Et si l'érudite nous dit carrément que ce petit jeu peut pousser l'une ou l'autre partie du couple "à prendre des décisions toxiques", c'est parce que tout l'enjeu (et, en fait, l'intérêt) du "micro-cheating" émane de cette ambiguïté propre à la communication numérique. Au sein de cet univers fait de "J'adore" en série, d'émotions exacerbées et d'emojis "chaton qui fait des bisous", un simple smiley insistant peut s'apparenter à une technique de flirt.

Micro-tromper, ce n'est pas tant tester la potentielle jalousie de son ou sa partenaire, mais se jouer de cette ambiguïté de l'intention : petits gestes mineurs, surnoms attribués à des ami·e·s Facebook, signes qui sous-entendent que ces "ami·e·s" pourraient être bien plus que cela... Dans ce cas-là, il est toujours important de privilégier une communication claire au sein de votre histoire relationnelle. Histoire d'éviter les quiproquos. "Bien souvent ce type de comportement est facilement étouffé dans l'oeuf et ne reflète pas un problème plus profond (après tout, nous sommes tous humains)", explique à ce titre l'expert en dilemmes relationnels Ramani Durvasula.

A travers la "micro-tromperie", comme à travers le ghosting, c'est toute une histoire des échanges à l'ère numérique qui se raconte : celle d'une duplicité. "C'est une pente glissante", prévient la coach relationnelle Bonnie Winston, laquelle recommande de "rationaliser votre relation". Histoire que la micro-tromperie ne vire pas vers la macro-tromperie. Mieux vaut prévenir que guérir, comme le dit si bien l'adage de l'ancien temps.