Etes-vous victime de "breadcrumbing" au bureau ?

Etes-vous victime de "breadcrumbing" au bureau ? Getty Images.
Etes-vous victime de "breadcrumbing" au bureau ? Getty Images.
Vous ignorez ce qu'est le "breadcrumbing" ? Et pourtant, il y a des chances que vous en soyez victime au taf. Depuis des mois peut-être. Ou vous explique pourquoi.
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Savez-vous en quoi consiste le "ghosting" ? Ce terme intégré aux dictionnaires anglosaxons désigne le fait de ne plus répondre du jour au lendemain aux messages privés et textos qu'un.e partenaire (d'un soir ou pas) vous envoie. L'effacer progressivement de sa vie "par le biais des moyens de communication électroniques", détaille le dictionnaire en ligne Merriam Webster. Et bien, le "breadcrumbing", c'est un peu la même chose. Mais pas vraiment. Cela consiste à répondre de manière évasive à un message, faire durer l'attente - les fameux points de suspension du chat Facebook - ou encore décocher quelques likes faussement intéressés de-ci de-là, pour au final laisser l'autre dans son jus - semer des "bouts de pain" et ne jamais satisfaire son appétit. C'est tout un jargon sentimental qui se déploie. Mais malheureusement, ce lexique 2.0. investit également notre vie de bureau.

Car vous êtes peut-être victime sans le savoir du "breadcrumbing" du lundi au vendredi, nous explique Stylist dans cet article très instructif. Au taf, pas de partenaire qui vous fait poireauter sans jamais avouer son refus de s'engager - le "breadcrumber" typique ! - mais quelque chose de plus insidieux. Pensez donc à ce ou cette boss qui vous complimente. Vous félicite pour votre travail. Vous promet peut être une promotion ou une augmentation. Et puis, n'en fait rien. De quoi rendre votre vie professionnelle particulièrement insupportable.

Ghosting et culture de bureau

Ce patron-là vous tease cette récompense comme un maître tend un jouet à son chien. Une attitude de manipulation psychologique aussi perverse que banalisée. Le truc étant de tout miser sur le "peut-être", l'éventualité d'une ascension professionnelle, inexistante pour l'instant, mais demain, qui sait ? Le pire, c'est que le breadcrumbing ne se limite pas aux patron.nes. Il caractérise tous ces collègues "qui commencent à vous complimenter quand ils ont besoin de votre aide pour une tâche", puis vous abandonnent le lendemain. Mais aussi ces éventuels employeurs qui vous brossent dans le sens du poil en entretien d'embauche, vous détaillent au menu la moindre des responsabilités qu'ils vous accorderont... en les oubliant comme par magie, une fois votre place obtenue. Bref, le "breadcrumbing" trouve un joli équivalent dans la langue de Molière : la lâcheté.

Face à cela, il faut réagir. Rappelez votre patron à l'ordre en lui proposant une réunion au sujet de cette satanée augmentation - en précisant sur une feuille tout ce que vous avez pu apporter à la boîte, en cinq points précis. Mettez les choses au clair avec vos collègues en leur indiquant ce que vous ferez - et ne ferez pas ! - pour leurs jolis yeux.

Prenez un peu de recul en vous demandant : leurs compliments me font-ils vraiment du bien ? Ou ne font-ils que flatter mon ego ? Ecrivez. Listez vos projets. Détaillez vos objectifs. Et surtout, "ne vous dépréciez pas" ajoute Stylist. C'est là le coeur du sujet. Prenez soin de vous et, des amours digitaux à la sacrosainte "culture de bureau", méfiez-vous des relations toxiques.

"Ne rentrez pas dans leur jeu en répondant ce qu'ils veulent entendre", suggère encore Bustle tout en nous invitant à "reprendre le contrôle" de la situation. Là encore, les dix commandements du dating "aux miettes de pain" dictées par le site s'appliquent plutôt bien à la vie de bureau - ce qui est très inquiétant. Ne jamais essayer de manipuler quelqu'un "pour en faire ce que vous voulez". Se dire que l'on est "plus mature que cela". Ne jamais oublier que l'on mérite "une réponse directe et honnête si l'on est direct et honnête avec soi-même". Quelques conseils qui, on vous le souhaite, vous permettront de ne plus jamais avoir à scruter ces satanés points de suspension.