"Vous êtes source de vie" : le pape François s'excuse d'avoir malmené une femme

Quand le Pape François sort de ses gonds.
Quand le Pape François sort de ses gonds.
Alors qu'une fidèle prise dans un bain de foule lui empoigne la main, le pape François la repousse violemment. Vous connaisez ces images : elles ont fait le tour du monde. Et désormais, sa sainteté se permet un petit "mea culpa".
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Ce 31 décembre 2019, le pape François visitait la crèche de la place Saint-Pierre. Une balade tout ce qu'il y a de plus traditionnelle en cette veille de nouvelle année. Mais le Pontife a quelque peu perdu ses nerfs lorsqu'une fidèle lui a empoigné la main. Reculant précipitamment, s'efforçant de retirer sa main, il a carrément fini par gifler à de nombreuses reprises celle de son admiratrice. Un dérapage qui a secoué la Toile.

Sur Twitter, cela fait quelques jours que ces images sont abondamment relayées. Et que les internautes taclent le manque de sang-froid du Pape. "Voilà le vrai visage du pape François : pas d'amour ni de douceur. Quel monstre avons-nous pour Pape ? Même Robocop semble plus convivial", ironise un twitto. "Il est diabolique", corrobore une internaute. Et une autre d'enfoncer le clou : "Jean-Paul II n'aurait pas réagi ainsi". D'aucuns préfèrent insister sur l'âge avancé de sa sainteté, que cette poignée de main aurait heurté. Et concevoir cette réaction brutale comme de la "légitime défense".

Une discorde générale à laquelle a réagi le principal concerné. Sa réponse ? Apaiser les consciences. Et adresser un discours énamouré à la gent féminine.

"Les femmes sont source de vie"

Ce 1er janvier fut effectivement placé sous le signe du mea culpa. "L'amour nous rend patients. Tant de fois nous perdons patience, même moi, et je m'excuse pour le mauvais exemple d'hier", a confessé le Souverain Pontife à la fenêtre du Palais apostolique du Vatican, comme le révèle CNN. Des excuses salutaires. Mais le Pape n'en est pas resté là et a profité de sa prise de parole pour rendre hommage aux femmes. "Les femmes sont des sources de vie. Pourtant, elles sont continuellement insultées, battues, violées", a-t-il poursuivi. Des mots plutôt signifiants à l'heure où s'achève une année ensanglantée par un chiffre toujours plus conséquent de féminicides.

"Toute forme de violence infligée à une femme est une blasphème contre Dieu, qui est né d'une femme", a ajouté l'orateur octogénaire. Par-delà ces préceptes, l'homme de pouvoir a insisté sur la "prise de décision" nécessaire de la gent féminine au sein de la société actuelle. "Chaque pas en avant pour les femmes est un pas en avant pour l'humanité dans son ensemble", a-t-il achevé face à la foule de fidèles réunis place Saint-Pierre. La femme est plus que jamais l'avenir de l'homme. Difficile de contredire cette éloquence quasiment utopiste.

En avril 2019 déjà, le Pontife n'hésitait pas à louer les "revendications légitimes" des femmes catholiques. Et en profitait pour pointer du doigt "l'autoritarisme masculin, la domination, les diverses formes d'asservissement, d'abus et de violence sexiste" que l'Eglise ne doit plus ignorer. Avec cette suite de paroles progressistes, l'on oublierait presque que c'est le même pape qui, pas plus tard que l'an dernier (au détour d'un discours sur les abus sexuels dans l'Eglise catholique) a qualifié le féminisme de... "machisme avec une jupe". Oui oui, l'on a bien dit "presque"...