Il photographie les marques laissées par les vêtements pour dénoncer les diktats

Impression, de Justin Alexander Bartels
Impression, de Justin Alexander Bartels
Justin Alexander Bartels questionne l'impact de la pression sociale sur les femmes, en photographiant les marques laissées sur leurs corps par des vêtements trop serrés.
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Qui n'a jamais remarqué, en enlevant ses vêtements, l'empreinte de son jean, de son soutien-gorge ou de sa culotte sur sa peau ? Si ces détails peuvent sembler anodins, ils représentent en réalité l'inconfort dans lequel beaucoup de femmes acceptent de s'habiller au quotidien.

Alors certes, on peut vouloir porter des fringues moulantes de son plein gré, on ne remet absolument pas ce choix en cause, mais avouons tout de même qu'il y a une bonne raison pour laquelle on enfile un jogging dès qu'on a passé le pas de la porte : on est beaucoup plus à l'aise dans du large.

La chanteuse Angèle a même mis le doigt sur le problème lors d'une interview vidéo avec Madmoizelle. Quand la journaliste lui demande comment elle compose ses tenues, elle répond : "Je préfère les vêtements d'hommes aux vêtements de femmes car c'est coupé de manière plus ample, c'est plus confortable. Eh oui, on vit encore dans un monde où les vêtements de femmes ne sont pas confortables !"

C'est aussi ce sujet qu'a voulu traiter le photographe californien Justin Alexander Bartels. A travers sa série Impression, il souhaitait étudier les diktats imposés par la mode et les traces physiques qu'ils impriment sur le corps des femme, qui sont les premières à subir la pression sociale qui veut que leur apparence physique soit séduisante - et à qui les vêtements près du corps son le plus destinés.

Il explique notamment que le fait "Que tant de femmes portent des vêtements contraignants ou inconfortables, soit pour impressionner ou attirer les autres, soit pour leur propre estime de soi, [l]'a intéressé. [S]es diplômes en sociologie et en photographie se sont clairement combinés dans ce projet pour montrer [s]on intérêt pour le fonctionnement de la société", d'après Kingz.

Sur les clichés, on peut ainsi voir plusieurs parties du corps, du buste aux pieds, touchées par le phénomène que l'on a toutes côtoyé un jour ou l'autre. Et si cela ne semble pas nous poser de problème, Justin Alexander Bartels espère toutefois que son travail "atteindra les femmes concernées et les incitera à se poser des questions".

La série entière de Justin Alexander Bartels est disponible ici