Société
La Nouvelle-Zélande va distribuer des protections périodiques gratuites dans les écoles
Publié le 8 juin 2020 à 15:06
Lutter contre la précarité menstruelle. C'est là l'un des combats du gouvernement néo-zélandais, qui vient d'annoncer une distribution gratuite et massive de serviettes et tampons dans les écoles. On aimerait qu'il en soit de même en France.
Jacinda Ardern veut lutter contre la précarité menstruelle. Jacinda Ardern veut lutter contre la précarité menstruelle.

1,7 million de Françaises manquent encore de protections hygiéniques. En Nouvelle-Zélande, une adolescente sur douze déclare avoir déjà dû manquer l'école parce qu'elle n'avait pas les moyens de s'acheter des serviettes et tampons. Jusqu'à 500 millions de personnes vivent dans la précarité menstruelle à travers le monde.

"Il serait temps de rendre les protections hygiéniques gratuites. Personne n'achète un tampon ou une serviette par plaisir, par bonheur. Ce serait quelque chose de normal que ces protections soient déposées dans des cités universitaires", déclarait la blogueuse Emanouela. Et c'est justement là l'idée de la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern.

La Nouvelle-Zélande a effectivement décidé de délivrer des tampons et serviettes gratuitement dans les écoles du pays. "En Nouvelle Zélande, près de 95 000 filles du pays âgées de 9 à 18 ans ne peuvent pas aller à l'école pendant leurs règles car elles n'ont pas les moyens d'acheter des protections. Or en les rendant disponibles gratuitement, nous aidons ces jeunes à continuer d'apprendre à l'école", a déclaré Ardern.

"L'accès à ces produits est une nécessité, pas un luxe"

2,6 millions de dollars néo-zélandais (1,7 million de dollars américains), c'est ce que compte bien investir le gouvernement du pays pour faire face au désarroi des jeunes filles, l'espace d'un programme qui devrait s'étendre, d'école publique en école publique, jusqu'à l'an prochain. Une initiative d'envergure donc.
"Les menstruations sont une réalité pour la moitié de la population et l'accès à ces produits est une nécessité, pas un luxe !", a déclaré du côté de CNN Julie Anne Genter, ministre néo-zélandaise des Femmes depuis trois ans déjà. Un "bien commun" sur lequel insiste la politicienne, surtout depuis la crise du coronavirus.

"Il est tellement important que les femmes occupent des postes de pouvoir afin que les besoins des femmes et des filles soient prioritaires", a réagi avec enthousiasme l'entrepreneuse féministe Amy Diehl. Pour la chercheuse et scientifique Tracey Perez Koehlmoos, distribuer gratuitement tampons et serviettes est davantage qu'une réponse aux inégalités : c'est une manière de briser un tabou trop prégnant dans notre société. "Les filles n'auront pas à transporter leurs protections dans un 'sac spécial' ou à les cacher", déclare-t-elle sur Twitter.

"C'est un investissement fantastique", a renchérit Miranda Hitchings, la cofondatrice de l'organisation non-gouvernementale Dignity (laquelle souhaite garantir un accès aux protections à toutes les femmes de Nouvelle-Zélande). Avant de poursuivre : "Mais ce n'est que le début. Car la précarité menstruelle n'affecte pas seulement les étudiantes mais de nombreux autres individus, comme les personnes sans-abris ou au chômage, qui ressentent profondément les effets de ce manque d'accès aux produits ". Le combat pour l'égalité est encore long.

Mais peu à peu, la situation évolue. Rappelons qu'en Ecosse, en Angleterre et au Pays de Galles, la distribution de tampons et serviettes est gratuite dans les établissements scolaires. "Il est invraisemblable que de jeunes femmes soient obligées de manquer des jours d'école simplement parce qu'elles n'ont pas accès ou qu'elles ne peuvent pas s'offrir des protections hygiéniques", a expliqué la ministre de l'Education nationale galloise Kirsty Williams. En France, une expérimentation de la gratuité des protections hygiéniques sera lancée dans plusieurs lieux collectifs dès le mois de septembre prochain.

Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
Mots clés
Société News essentielles international menstruations école précarité menstruelle Monde
Sur le même thème
Pourquoi vous ne devez pas louper “Jusqu’à la garde”, le film choc à (re)voir gratuitement en ligne player2
cinéma
Pourquoi vous ne devez pas louper “Jusqu’à la garde”, le film choc à (re)voir gratuitement en ligne
5 mars 2026
De nouveau amoureuse bien que "cabossée", Gisèle Pélicot évoque sa nouvelle vie avec émotions
Société
De nouveau amoureuse bien que "cabossée", Gisèle Pélicot évoque sa nouvelle vie avec émotions
18 février 2026
Les articles similaires
"Ma mère était traquée tous les jours, j'ai tout vu" : cette jeune fille témoigne des violences conjugales qui ont mené sa mère à la mort
Société
"Ma mère était traquée tous les jours, j'ai tout vu" : cette jeune fille témoigne des violences conjugales qui ont mené sa mère à la mort
18 janvier 2026
La première YouTubeuse de France est harcelée par les misogynes car elle n'est "toujours pas mère" à 40 ans (et on souffle fort)
Société
La première YouTubeuse de France est harcelée par les misogynes car elle n'est "toujours pas mère" à 40 ans (et on souffle fort)
29 janvier 2026
Dernières actualités
Mais pourquoi on aime tant... détester ? J'ai enquêté sur le phénomène du "hate watching" (et ça m'a emmené très loin)
relations
Mais pourquoi on aime tant... détester ? J'ai enquêté sur le phénomène du "hate watching" (et ça m'a emmené très loin)
6 mai 2026
A découvrir au cinéma, cette plongée féministe inédite dans l’ombre d’un génie absolu de la musique
cinéma
A découvrir au cinéma, cette plongée féministe inédite dans l’ombre d’un génie absolu de la musique
29 avril 2026
Dernières news