L'été 2021 sera-t-il celui du "revenge dating" ?

L'été 2021 sera-t-il celui du "revenge dating" ?
L'été 2021 sera-t-il celui du "revenge dating" ?
Après une année et demi, disons-le, plus que pourrie sur le plan sentimental, nombreux·se·s sont les célibataires qui entendent prendre leur revanche, côté coeur comme côté corps. L'été sera chaud.
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Il y a d'un côté celles et ceux qui se reconnaissent dans le phénomène FODA, pour Fear of Dating Again, la peur du rencard post-Covid. Et de l'autre, les avides de multiplier les rencontres dès que les restrictions sanitaires le permettront. Un rythme endiablé s'il en est qu'ils et elles aimeraient suivre pour une bonne raison : se rattraper après 18 mois peu palpitants. Deux salles, deux ambiances. Mais à en croire un sondage réalisé par l'appli de rencontres happn, la hâte semble clairement l'emporter sur l'appréhension.

8 Français·e·s sur 10 auraient ainsi l'impression que leur vie sentimentale est en pause depuis un an - et comment - et ressentiraient le besoin de profiter pleinement dans les semaines à venir. Un·e célibataires sur deux estimerait même sans détour "avoir une revanche à prendre sur l'année écoulée". C'est dire si le phénomène estampillé "monde d'après" dépasse la simple tendance. La plateforme lui accole même un nom précis : le revenge dating. Un terme venu des magazines anglophones qui semble particulièrement résonner avec l'état d'esprit actuel.

Alors, à nous de jouer ?

"Reprendre un semblant de vie 'normale'"

"Les perspectives de déconfinement sont réjouissantes pour les célibataires qui sont impatients de pouvoir reprendre un semblant de vie 'normale'", assure Marine Ravinet, directrice des tendances chez happn. "Fini les rencards hasardeux ou les lieux de rencontres improbables, chacun va pouvoir recommencer à dater sereinement." Une promesse, et qu'elle est belle. Dans les rues, ou plutôt en terrasse, on sent déjà que l'heure est aux coups d'oeil appuyés, aux sourires timides ou plus entreprenants, voire aux messages qui laissent clairement transparaître nos intentions. C'est en tout cas ce que nous confie Thaïs, 25 ans.

"Revoir au sens littéral du terme des gens qu'on ne connaît pas, en vrai, sans masque, ça fait un bien fou", s'enthousiasme la jeune fille. Avec ses copines, il n'y a pas une soirée depuis la réouverture des espaces extérieurs des restos et bars qu'elle n'a pas passée dehors. Chaque jour, après 18 heures, elles se retrouvent à une, deux ou trois autour d'une petite table installée sur une structure en bois temporaire d'un établissement du XVIIIe arrondissement. Là, les conversations vont bon train, les rires éclatent. Et les numéros s'échangent.

"Le week-end dernier, un mec est venu déposer son numéro sur un papier à côté de mon verre. J'ai trouvé ça à la fois sympathique, à la fois audacieux. Cette notion de drague en live et de 'faire le premier pas' m'était devenue complètement étrangère. Je ne l'ai pas encore rappelé, mais j'avoue que ça m'a donné des idées". Et le printemps ne fait que commencer...

Les temps sont doux pour les lovers

Alors attention, "revenge dating" ne signifie pas automatiquement basculer dans la surconsommation d'aventures sans lendemain (quoique ce serait tout à notre honneur, si c'est ce qu'on souhaite !). Certain·e·s y associent plutôt l'envie de trouver cet·te Autre avec qui construire quelque chose de solide, qui dure, et de s'en donner les moyens plus qu'auparavant (jadis, en 2019).

"Après une année pendant laquelle il a été compliqué de rencontrer de nouvelles personnes, nous constatons deux états d'esprit chez les célibataires", poursuit Marine Ravinet. "D'un côté, ceux qui veulent profiter au maximum de l'été et de l'autre, ceux qui prévoient l'avenir et recherchent une relation plus sérieuse."

Thibaut, par exemple, nous explique que sa période "coups d'un soir a fait son temps". Et surtout, que les confinements lui ont permis de faire le point sur ce qu'il voulait ou non chez une partenaire. A 31 ans, il espère donc "tomber sur quelqu'un de bien" pour entamer une histoire sur le long terme. "Je ne suis plus vraiment dans le même état d'esprit qu'avant le Covid. J'ai eu l'occasion de beaucoup réfléchir, de me poser, de savoir ce que j'attendais des années à venir. Et ce qui est ressorti, c'est mon envie de partager mes futurs projets avec une personne qui me correspond et à qui je correspond aussi."

On lui demande : ces prochains mois, se lancera-t-il dans une quête de la personne parfaite ? "En tout cas, je vais tout faire pour maximiser mes chances de la rencontrer", sourit-il, se décrivant lui-même "motivé comme jamais". Pour Thaïs, le couple, elle y pensera en 2022, ou en 2023. Mais pas tout de suite. Tout de suite, une amie vient de la contacter pour aller prendre un verre en début de soirée. Le flirt n'attend pas !