Romane Dicko célèbre son corps et ses formes sur ces images en lingerie à retrouver ci-bas, où elle assume sa silhouette "plus size" avec des convictions féministes bien affirmées. Un geste sexy et libérateur qui donne le la à la militance body positive, un élan d'acceptation de soi et de diversité des corps bienvenu.
Souvenez-vous, il y a une décennie, le mouvement body positive était incarné par des célébrités, des personnalités influentes, quantité de militantes, promu dans la presse. Aujourd'hui, alors que le monde de la mode connait un come back inquiétant de l'ultra-maigreur, du skinny, dénoncé d'ailleurs par certaines mannequins de grande réputation (Laetitia Casta par exemple), cette promotion des corps "ordinaires" ou généreux semble faire office de lettre morte.
Alors qu'une partie de la société contemporaine semble calquer ses élans rétrogrades sur la série télévisée La servante écarlate (The Handmaid's tale), notamment concernant la régression totale des droits des femmes et de leurs droits reproductifs, une marche arrière à l'unisson s'envisage à travers cette gradation par le bas.
Pour toutes ces raisons, voir Romane Diko, judokate championne en son domaine, revendiquer fièrement ses courbes sur les images très glamour à retrouver ci-contre, en sous-vêtements, a quelque chose de profondément iconoclaste et émancipateur. Féministe ? On ose le dire, oui.
La sportive elle-même défend d'ailleurs des valeurs intimes et politiques. Lisez plutôt.
Sur Instagram effectivement, tout en relayant ces photos osées et solaires, elle énonce :
"Me choisir sans détour.
Aimer mon corps.
Mais aussi mon énergie, mon caractère,
ma façon de prendre de la place,
de tomber, de me relever,
d’être libre, affirmée, entière."
Un discours qui laisse tendre la fierté d'être soi, dans une société patriarcale qui voue aux gémonies celles qui sortent des diktats de beauté imposés, par la presse féminine comme par l'industrie fashion et cosmétique, des diktats et normes totalement improbables voire surréalistes à atteindre.
En guise de rappel, ravivions cette sensibilisation de Laetitia Casta à propos du retour effrayant de l'ultra maigreur sur les podiums : "...Je vois bien parfois quand j’essaye de passer des vêtements que certains s’apparentent à des tailles 12 ans… même ma fille ne rentrerait pas dedans… Mais qu’est-ce qu’on leur raconte aux femmes ?"
"La raison de tout cela ?... Le capitalisme ! Il faut produire, toujours et encore plus, et que tout soit efficace, tout de suite, vite… Résultat : on ne prend même plus le temps de sourire, d’avoir une personnalité, de s’amuser… Quelle hypocrisie effectivement d’établir au sein des maisons et des marques des chartes sur les conditions de travail et de bien-être, de demander aux mannequins de passer chez le médecin si par la suite il n’y a aucun suivi."