Elle filme les installations sportives inégales entre femmes et hommes (et ça fait mal)

La joueuse de basket et étudiante Sedona Prince a publié sur TikTok son observation des inégalités dans le milieu sportif.
La joueuse de basket et étudiante Sedona Prince a publié sur TikTok son observation des inégalités dans le milieu sportif.
Afin de donner une petite idée de l'inégal traitement des sexes dans le milieu du basketball américain, Sedona Prince, une sportive étudiante, a filmé les différences (flagrantes) entre la salle de musculation des femmes et des hommes. La réalité du sexisme en images.
A lire aussi

"Permettez-moi de mettre cette vidéo sur Twitter car cela nécessite une attention particulière". C'est ainsi que Sedona Prince a introduit une vidéo relayée des centaines de milliers de fois sur la Toile. Sedona Prince est une joueuse de basketball et étudiante en deuxième année à l'université de l'Oregon, très suivie sur TikTok. Dans les images que la jeune femme relaie, on découvre la salle de musculation mise à la disposition de son équipe féminine de basket, lors du très populaire tournoi féminin de San Antonio. A savoir ? Une petite salle avec simplement quelques haltères et un modeste tapis de yoga. Pas de banc, ni d'autre équipement.

C'est maigre. D'autant plus si l'on compare cette timide topographie à la salle de muscu des hommes, bien mieux équipée - et équipée tout court, comme le dévoile également la vidéo de Sedona Prince. Un bilan critique - et une limpide observation de l'inégalité des sexes dans le sport - qui a fait abondamment réagir, comme le souligne le journal sportif L'Equipe. Ainsi le champion de basket en personne Stephen Curry a relayé la vidéo, tout comme la vedette Kyrie Irving, qui a directement interpellé le NCAA (championnat représentant le plus haut niveau de sport universitaire) en affirmant : "Nous ne pouvons pas tolérer cela ! Nos reines méritent plus !".

Une interpellation efficace. En effet, la NCAA s'est finalement excusée auprès des joueuses au sujet de cette disparité des salles de muscu, le 19 mars dernier. Résultats ? Aujourd'hui, les équipes du tournoi de basket féminin de la NCAA ont enfin une salle de musculation, et une vraie - tweets enthousiastes à l'appui. Mais il n'empêche que la vidéo de l'étudiante continue à susciter des interrogations.

Le sexisme ordinaire en images

Ainsi l'ancien joueur de la NBA Etan Thomas voit-il là "une décision sexiste consciente, celle de ne pas respecter les femmes de la NCAA", et en la tardive correction logistique du championnat, une tentative de la part des décideurs de faire croire qu'ils sont "partisans de l'égalité des sexes". Et une internaute d'abonder en ce sens : "C'est vraiment dommage que la pression des réseaux sociaux soit la seule raison pour laquelle la salle de musculation pour les joueuses a fini par advenir. Vous tous qui en êtes responsables, devriez présenter vos démissions. Toutes les athlètes féminines méritent bien plus ! C'est une honte !".

Un bad buzz cinglant. "Lorsque nous ne répondons pas aux attentes, c'est de ma faute. Je m'excuse auprès des étudiantes sportives, des entraîneurs et du comité du basket-ball féminin pour avoir négligé la question de la salle de musculation à San Antonio", a répliqué Dan Gavitt, le vice-président de la NCAA. Un mea culpa qui laisse tout de même perplexe quant au pourquoi de ces inégalités actuelles. D'autant plus que l'équipement sportif fourni n'est pas la seule des problématiques, loin de là.

Ainsi le Huffington Post souligne que des critiques ont également été émises au sein des équipes quant à la nourriture proposée lors du tournoi féminin, jugée "de qualité inférieure", mais aussi l'attribution de présents des sponsors, moins généreuse que chez les homologues masculins. Des disparités auraient également été observées au niveau de la répartition des tests du Covid-19. "Les choses vont bien lorsque vous devez publier pour vous faire entendre un tweet hype sur les joueuses dont la salle de musculation est toujours inférieure à ce que les hommes ont depuis le début", déplore encore la journaliste sportive Lindsey Adler.

En attendant, Sedona Prince a partagé sur ses réseaux sociaux sa réaction (enthousiaste) à l'annonce des changements opérés. Un petit pas, en espérant de plus grandes avancées.